La Commission de Protection des Données Personnelles (CDP) du Sénégal a rendu public son bilan d'activité pour le deuxième trimestre 2026. Avec 195 dossiers traités, l'autorité de régulation confirme son rôle central dans l'encadrement des pratiques numériques, oscillant entre l'accompagnement des projets innovants et la sanction des manquements aux libertés individuelles.
Une dynamique d'autorisation sélective
Sur les 41 demandes d'autorisation soumises à l'examen de la commission, 39 ont reçu un avis favorable. Le secteur des plateformes web domine les usages, totalisant 15 autorisations, devant la gestion des bases de données clients. Parmi les projets validés, la CDP a donné son feu vert à des initiatives technologiques variées, allant de la plateforme d'analyse financière par intelligence artificielle « SAMA KOTAR » à des projets de recherche médicale sur le VIH, en passant par des systèmes de vidéosurveillance.
Le refus motivé d'Actuarial AI Consulting
La rigueur de la commission s'est illustrée par le rejet d'une demande déposée par Actuarial AI Consulting pour son site « Arma Care ». La session plénière a justifié cette décision par quatre défaillances critiques : une identification imprécise des personnes concernées, l'absence de durée de conservation définie, un transfert de données vers des pays tiers sans consentement préalable, et un défaut de sécurisation des accès. Ce refus souligne les exigences strictes de la CDP en matière de conformité technique et juridique.
Plaintes et contrôles sur le terrain
Le trimestre a également été marqué par le traitement de 8 plaintes liées à des violations de la vie privée, incluant des cas d'usurpation d'identité, de harcèlement et de prospection commerciale non sollicitée, visant notamment des acteurs comme Sonatel. Parallèlement, 5 missions de contrôle ont été menées, révélant des pratiques récurrentes non conformes. Les inspecteurs ont relevé des manquements fréquents tels que l'absence de procédures permettant aux citoyens d'exercer leurs droits d'accès, l'installation illégale de caméras dans des espaces de travail privés, et l'absence de contrats de confidentialité avec les sous-traitants. Un signalement visant APRIL OIL pour une vidéosurveillance non conforme est actuellement en cours d'instruction.