La Colombie autorise à nouveau le port d'armes à feu pour les citoyens détenteurs d'un permis légal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
La Colombie autorise à nouveau le port d'armes à feu pour les citoyens détenteurs d'un permis légal

Le président colombien Abelardo de la Espriella a signé un décret mettant fin à dix ans d'interdiction de port d'armes en public pour les citoyens titulaires d'un permis légal. Cette mesure, présentée comme une réponse directe à la criminalité, permet désormais aux détenteurs d'armes enregistrées de circuler librement avec leur équipement sans autorisation gouvernementale supplémentaire.

Un changement de paradigme sécuritaire

La décision marque une rupture avec une politique instaurée en 2015 par l'ancien président Juan Manuel Santos. Initialement conçue comme une mesure temporaire pour les périodes de fêtes, cette restriction avait été reconduite systématiquement par les administrations successives, dont celles d'Iván Duque et de Gustavo Petro. En levant cette interdiction, le président de la Espriella concrétise une promesse de campagne, arguant qu'il est injuste de priver les citoyens respectueux des lois de moyens de défense face à des criminels lourdement armés.

Près de 700 000 citoyens concernés

Le décret ne constitue pas une libéralisation totale de l'accès aux armes, les réglementations strictes sur la détention légale restant en vigueur. Toutefois, cette nouvelle disposition impacte directement environ 700 000 Colombiens possédant déjà un permis de port d'armes valide. Ces derniers sont désormais autorisés à porter leurs armes enregistrées en dehors de leur domicile pour toute la durée de validité de leur titre de circulation.

Débats sur le monopole de la force publique

La mesure suscite des inquiétudes au sein de la classe politique. Le sénateur Ariel Ávila, membre du Parti Alliance Verte, a qualifié cette décision de « grave erreur », craignant que la circulation accrue d'armes légales ne favorise, par ricochet, leur détournement vers des réseaux criminels. Il souligne également la responsabilité régalienne de l'État, qui doit demeurer le garant unique de la sécurité des citoyens.

La stratégie de lutte contre les armes illégales

Face aux critiques, l'exécutif maintient sa position et assure que cette mesure n'affaiblira pas la sécurité publique. Le président de la Espriella a rappelé que les forces de l'ordre poursuivent activement leur offensive contre les réseaux illégaux, avec plus de 15 000 armes saisies depuis le début de l'année. Ces saisies visent principalement les factions dissidentes des FARC et l'organisation criminelle du Clan du Golfe, illustrant la persistance de la violence armée dans le pays malgré les changements de régulation sur le port d'armes légal.

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