La coalition de l'opposition C64 a tenté ce mardi de faire entendre son opposition à tout projet de révision de la Constitution à travers une série de manifestations organisées dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo. Si le mouvement a pu se déployer dans certains secteurs, il a été confronté à des interdictions administratives et à un déploiement sécuritaire massif, entraînant des dispersions forcées et des interpellations.
Dispositif sécuritaire et mobilisations à Kinshasa
Dans la capitale, la journée a été marquée par une présence policière renforcée aux points stratégiques. Malgré ce climat, des militants de la C64 ont réussi à se rassembler, notamment à l'Échangeur de Limete et dans la commune de Bandalungwa, où des cortèges se sont formés en direction de points de ralliement prévus. Le chef de la police de Kinshasa, Israël Bankulu Kantu, a supervisé personnellement le dispositif de maintien de l'ordre, alors que les activités économiques et sociales se poursuivaient normalement dans la majorité des quartiers.
Interdictions et dispersions en province
La situation a été plus contrastée dans le reste du pays, où les autorités provinciales ont multiplié les interdictions de manifester. À Matadi, les forces de l'ordre ont bloqué les militants qui tentaient de rejoindre l'Assemblée provinciale pour déposer un mémorandum. À Kananga, la police a eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants dès le matin, procédant à l'arrestation d'un cadre du parti Ensemble pour la République. À Gemena, c'est la déclaration d'une épidémie de maladie à virus Ebola qui a servi de motif officiel à l'interdiction de tout rassemblement.
Arrestations et tensions à Lubumbashi
Le Haut-Katanga a connu l'un des épisodes les plus tendus de la journée. À Lubumbashi, les forces de sécurité ont dispersé un rassemblement au Square Forrest, où des députés et militants s'étaient réunis. Les autorités sécuritaires ont confirmé l'interpellation d'une vingtaine de personnes, dont le député Christian Mwando. Un autre élu, Khiller Mubambe, a été brièvement interpellé avant d'être relâché. Malgré ces tensions, aucun décès n'a été signalé par les sources sécuritaires sur l'ensemble du territoire national.
Des droits constitutionnels au cœur du débat
La coalition C64 maintient sa position, arguant que les interdictions répétées des autorités locales constituent une violation directe du droit de manifester, pourtant garanti par la Constitution. Si à Bandundu la marche a pu se dérouler malgré le bouclage du siège du parti ECIDé, dans d'autres localités comme Kisangani et Mbuji-Mayi, le déploiement policier a suffi à empêcher toute tentative de mobilisation, illustrant la difficulté pour l'opposition de faire valoir ses revendications sur le terrain face à un appareil sécuritaire mobilisé.