Lors du 18e sommet des BRICS à New Delhi, le président chinois Xi Jinping a dévoilé un plan ambitieux visant à instaurer une « zone IA open source » au sein du bloc. Cette initiative, qui privilégie l'accessibilité des codes sources, marque une volonté de Pékin de structurer un écosystème technologique alternatif face à la domination des modèles propriétaires américains.
Une stratégie axée sur l'ouverture technologique
Le projet chinois repose sur la création d'une communauté dédiée à l'intelligence artificielle, soutenue par des programmes de formation et une coopération accrue sur les grands modèles de langage. Pékin encourage également les pays membres à rejoindre l'Organisation mondiale de coopération en matière d'IA (Waico). L'objectif affiché est de bâtir un cadre de gouvernance mondiale fondé sur un consensus élargi, s'éloignant ainsi des standards imposés par les entreprises technologiques occidentales.
La montée en puissance des modèles chinois
Cette proposition s'appuie sur une dynamique de marché favorable aux architectures chinoises. Entre février 2025 et février 2026, la part des modèles chinois dans les téléchargements mondiaux a atteint 41 %, portés par des familles de modèles comme Qwen et DeepSeek. Le succès du modèle DeepSeek-R1, entraîné pour un coût inférieur à 6 millions de dollars tout en rivalisant avec les performances américaines, a illustré cette montée en puissance, faisant passer la part des modèles chinois dans l'usage global de l'open source de 13 % à près de 30 % en une seule année.
Un socle de coopération industrielle élargi
Au-delà de l'IA, la Chine a articulé son plan autour de quatre autres piliers stratégiques pour les BRICS. Ces initiatives incluent le développement d'une plateforme cloud dédiée à l'industrie numérique, la création d'une alliance d'ingénieurs pour renforcer la formation scientifique, ainsi que des projets axés sur la fabrication intelligente. Un forum sur le commerce des services est également programmé pour 2027, visant à institutionnaliser ces échanges technologiques et économiques entre les onze pays membres du bloc.
Un enjeu de gouvernance mondiale
L'institutionnalisation de cette coopération technologique intervient dans un contexte de rivalité accrue avec les États-Unis. Alors que le sommet de New Delhi se poursuit, les discussions sur la gouvernance de l'IA pourraient s'inviter dans les échanges diplomatiques bilatéraux, notamment lors de la prochaine rencontre prévue entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump. Cette séquence souligne la volonté de Pékin de transformer son avance technique actuelle en un levier d'influence durable auprès des pays émergents.