Un projet colossal de 2,1 gigawatts menace les équilibres écologiques et politiques de l’Himalaya, alors que des scientifiques chinois tirent la sonnette d’alarme. À quelques encablures de la zone dévastée par le séisme népalais de 2015, Pékin engage la construction de son plus grand barrage, un chantier qui pourrait redessiner les rapports de force en Asie du Sud.
Un chantier pharaonique au cœur de l’Himalaya
Avec une capacité de 2,1 gigawatts, le projet hydroélectrique chinois en Himalaya s’impose comme le plus ambitieux jamais lancé par Pékin. Situé à proximité immédiate de la frontière népalaise, ce mégabarrage s’inscrit dans une stratégie énergétique visant à renforcer l’autonomie électrique du pays tout en exportant une partie de sa production. Les travaux, déjà bien avancés, mobilisent des moyens techniques et humains sans précédent, mais soulèvent des questions sur leur impact environnemental et sismique.
Des scientifiques chinois alertent sur les risques
Une étude interne, menée par des chercheurs chinois et relayée par des médias internationaux, met en garde contre les dangers géologiques et écologiques du projet. Les experts pointent notamment le risque accru de glissements de terrain et de séismes, amplifiés par la fragilité des sols himalayens. La proximité avec la faille tectonique responsable du tremblement de terre de 2015 au Népal ajoute une dimension critique à ces craintes. Certains scientifiques évoquent même la possibilité d’un « effet domino » sur les écosystèmes locaux, déjà fragilisés par le changement climatique.
Un enjeu géopolitique et énergétique majeur
Au-delà des considérations environnementales, ce barrage cristallise les tensions régionales. Le Népal, déjà vulnérable aux aléas naturels, craint pour la stabilité de ses infrastructures et de ses populations en aval. De son côté, l’Inde, dépendante des eaux himalayennes, observe avec méfiance les ambitions chinoises dans une zone stratégique. Pékin, qui mise sur l’hydroélectricité pour réduire sa dépendance au charbon, pourrait ainsi renforcer son influence sur les pays voisins, tout en alimentant des débats sur la gestion transfrontalière des ressources hydriques. Une question qui pourrait s’inviter à l’ordre du jour des prochaines négociations régionales.