La Chine lance le plus grand rappel automobile de son histoire : 7 millions de véhicules, dont 3 millions de Tesla, doivent être modifiés en raison de poignées de porte électroniques jugées trop difficiles à actionner en situation d’urgence. Cette décision, prise par l’Administration nationale chargée de la régulation des marchés (SAMR), intervient après plusieurs accidents mortels impliquant des voitures électriques et met en lumière les risques liés à l’innovation technologique dans l’industrie automobile.
Un rappel historique qui touche les géants du secteur
Parmi les marques concernées, Tesla figure en tête de liste avec près de 3 millions de véhicules rappelés. Xiaomi, Xpeng, Leapmotor, Zeekr et Chery sont également touchés, avec des volumes allant de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de voitures. Les corrections prévues incluent l’ajout d’autocollants près des poignées pour faciliter leur identification, ainsi qu’une mise à jour logicielle permettant d’abaisser automatiquement les vitres en cas d’accident. Ces opérations, prises en charge par les constructeurs, visent à corriger un défaut de conception qui pourrait compromettre la sécurité des occupants.
Des poignées électroniques dans le collimateur des autorités
Le problème des poignées de porte électroniques n’est pas nouveau. Leur mécanisme, bien que moderne et esthétique, a été pointé du doigt lors de plusieurs accidents où des occupants n’ont pas pu s’échapper à temps en raison de la complexité à les actionner. En Chine, où les voitures électriques dominent le marché, les autorités ont décidé d’agir : à partir du 1er janvier 2027, ces poignées seront interdites sur les nouveaux modèles. Les véhicules déjà en circulation disposent d’un délai jusqu’en 2029 pour se conformer à la nouvelle réglementation. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de Pékin pour renforcer la sécurité routière et encadrer l’innovation technologique dans l’industrie automobile.
Vers une harmonisation internationale des normes de sécurité ?
La Chine n’est pas le seul pays à s’inquiéter des risques liés aux poignées électroniques. Aux États-Unis, les autorités envisagent des réglementations similaires, tandis qu’en Europe, l’organisme EuroNCAP a intégré depuis cette année des tests spécifiques pour vérifier le bon fonctionnement de ces poignées après un choc. Ces évolutions pourraient annoncer une harmonisation progressive des normes de sécurité automobile à l’échelle mondiale, poussée par la montée en puissance des véhicules électriques et les exigences accrues en matière de protection des occupants.