La Chine et l'Afrique misent sur l'intelligence artificielle pour transformer leur paysage audiovisuel commun

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
La Chine et l'Afrique misent sur l'intelligence artificielle pour transformer leur paysage audiovisuel commun

Le 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains, qui se tient à Beijing du 19 au 21 août 2026, marque une étape décisive dans le partenariat entre la Chine et le continent africain. Face aux bouleversements technologiques, les deux parties ambitionnent de transformer leurs secteurs audiovisuels en leviers de développement économique et d'innovation, tout en cherchant à mieux maîtriser la diffusion de leurs récits respectifs.

L'intelligence artificielle comme levier de modernisation

Au cœur des débats, l'intelligence artificielle (IA) est présentée comme le moteur de la mutation des médias. La Chine, qui a vu la production de plus de 360 000 micro-séries en sept mois — dont une large majorité assistée par l'IA — propose de partager son expertise technique avec ses partenaires africains. Cette collaboration porte sur la modernisation des infrastructures, la création de contenus automatisés et l'usage d'outils de traduction intelligente. Toutefois, les autorités chinoises insistent sur la nécessité d'une gouvernance éthique, prônant une technologie centrée sur l'humain pour contrer les risques liés aux fausses informations et aux atteintes aux droits.

Vers une souveraineté des récits africains

L'enjeu pour l'Union africaine dépasse la simple adoption technologique. Il s'agit de transformer l'audiovisuel en un secteur économique structurant, capable de générer des emplois et d'attirer des investissements. Alhaji Mohamed Sarjoh Bah, représentant de l'Union africaine, a souligné la nécessité pour l'Afrique de passer du statut de simple consommateur à celui de producteur et exportateur de contenus. Cette dynamique de coproduction, qui compte déjà une cinquantaine de projets documentaires, vise à amplifier les voix africaines sur la scène internationale et à favoriser une circulation plus équilibrée des programmes entre les deux régions.

Renforcement du capital humain et formation

La réussite de cette transition numérique repose sur la montée en compétences des professionnels africains. Le forum a mis en lumière l'urgence de multiplier les échanges académiques et les programmes de formation technique. En réponse, la Chine s'est engagée à intensifier, dès 2027, les visites réciproques et les sessions de transfert de savoir-faire, notamment sur les infrastructures de réseau et la production numérique. Cette stratégie de formation continue est perçue comme la condition sine qua non pour que les médias africains puissent naviguer dans un environnement médiatique mondial de plus en plus concurrentiel.

Une déclaration commune pour un avenir numérique

La clôture des travaux a été marquée par l'adoption d'une déclaration commune, formalisant l'engagement des deux parties à faire de l'audiovisuel un outil de rapprochement culturel et de développement. En intégrant les médias dans le cadre plus large du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), les participants entendent pérenniser ces échanges technologiques et éditoriaux, faisant de l'innovation numérique le socle d'une coopération sino-africaine modernisée.

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