Les banques centrales mondiales poursuivent une stratégie d'accumulation d'or soutenue, avec des achats nets atteignant 63 tonnes en septembre. Cette tendance, portée par une volonté de diversification face aux incertitudes géopolitiques et économiques, marque une volonté affirmée des États de sécuriser leurs actifs nationaux.
La domination de la Chine et de la Pologne
Depuis 2021, la Chine et la Pologne se distinguent comme les principaux acteurs de cette ruée vers l'or. La Chine a accru ses réserves de 438,2 tonnes, tandis que la Pologne suit de près avec 419,3 tonnes, représentant des valeurs respectives de 58,7 et 56,2 milliards de dollars aux cours actuels. Ce duo est suivi par l'Inde, qui a accumulé 204 tonnes, ainsi que par la Turquie, l'Ouzbékistan et le Brésil, dont les acquisitions dépassent les 100 tonnes sur la même période.
Une accélération des politiques d'acquisition
Le comportement de certains pays révèle une inflexion majeure dans leur gestion des réserves. La Pologne, autrefois acheteur modéré, a intensifié ses achats dès 2023 pour atteindre 97,8 tonnes sur les huit premiers mois de 2026. Une dynamique similaire est observée en République tchèque, où le volume d'achats sur les huit premiers mois de l'année en cours a déjà surpassé le total enregistré sur l'ensemble de l'année précédente, témoignant d'une volonté de renforcer rapidement les actifs souverains.
L'or comme levier d'indépendance stratégique
Au-delà de la simple gestion financière, cette tendance reflète une quête d'autonomie face aux chocs externes et à l'instabilité des alliances politiques. Selon les analystes, l'or est perçu comme un actif hors bilan, offrant une protection contre les risques liés à la dette publique et aux pressions géopolitiques. Cette stratégie de sécurisation pose toutefois un défi budgétaire : la hausse constante du cours de l'or renchérit mécaniquement le coût de chaque nouvelle tonne acquise, interrogeant la pérennité de ce rythme d'achat à long terme.