La Chine franchit une étape décisive dans la modernisation de ses forces navales avec la construction, au chantier naval Hudong-Zhonghua de Shanghai, d'un navire spécifiquement conçu pour le déploiement de sous-marins autonomes de grande taille. Ce bâtiment, capable d'embarquer jusqu'à quatre submersibles sans équipage, illustre la volonté de Pékin de dominer le segment des systèmes navals robotisés en haute mer.
Une architecture navale dédiée à la projection autonome
Le navire se distingue par une conception innovante inspirée des bâtiments amphibies, mais adaptée aux besoins de la robotique sous-marine. Il intègre un système de berceau monté sur douze bras de levage, permettant la mise à l'eau et la récupération des engins en pleine mer, complété par un hangar de stockage à l'avant. Cette configuration technique permet de s'affranchir des limitations des docks flottants côtiers, offrant ainsi une capacité d'intervention étendue en eaux profondes et sur des durées prolongées.
Une supériorité dimensionnelle face aux standards occidentaux
Les sous-marins autonomes déployés par ce navire, mesurant entre 35 et 45 mètres, affichent des dimensions nettement supérieures aux programmes équivalents développés par les puissances occidentales. À titre de comparaison, ces prototypes chinois, identifiés comme des XXLUUV, sont six à huit fois plus imposants que l'Orca XLUUV de l'US Navy. Cette montée en puissance s'inscrit dans une stratégie de long terme, amorcée dès 2019 avec le modèle HSU-001 et confirmée par l'observation régulière de nouveaux prototypes sur la base navale de Sanya depuis 2021.
L'accélération industrielle de la flotte chinoise
Au-delà de l'innovation technologique, ce projet témoigne de la cadence industrielle soutenue de la Chine dans le domaine naval. Selon les données de l'International Institute for Strategic Studies, Pékin a surpassé les États-Unis en tonnage de sous-marins mis à l'eau entre 2021 et 2025, avec 79 000 tonnes contre 55 500 tonnes. Alors que les marines occidentales en sont encore à explorer les usages opérationnels de tels engins, la Chine semble avoir franchi le cap de l'expérimentation pour passer à une phase de déploiement opérationnel concret.