En six mois seulement, les importations chinoises en provenance du Nigeria ont bondi de 81 %, atteignant 2,25 milliards de dollars, après l’entrée en vigueur d’une politique zéro tarif sur 53 pays africains. Une accélération qui illustre les premiers effets concrets de cette mesure, présentée comme un levier pour renforcer les liens économiques entre Pékin et le continent.
Un bond spectaculaire des échanges sino-nigérians
Les chiffres, dévoilés par la consule générale de Chine à Lagos, Yan Yuqing, lors d’un forum sur les énergies nouvelles en 2026, révèlent une croissance sans précédent des échanges bilatéraux. Entre janvier et juin 2026, le volume total des échanges entre les deux pays a atteint 17,4 milliards de dollars, soit une progression de 35 % par rapport à la même période en 2025. Les importations chinoises en provenance du Nigeria ont représenté à elles seules 2,25 milliards de dollars, avec une croissance mensuelle dépassant 40 % en mai et juin.
La politique zéro tarif, un accélérateur commercial
Cette politique, entrée en vigueur le 1er mai 2026, supprime les droits de douane sur l’ensemble des lignes tarifaires des produits originaires de 53 pays africains, dont le Nigeria. Selon Yan Yuqing, ces résultats, obtenus à peine trois mois et demi après son application, confirment son potentiel à élargir l’accès des produits nigérians au marché chinois. Une avancée qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’action de Pékin pour la coopération sino-africaine (2025-2027), visant à approfondir les liens économiques avec le continent.
Nigeria, un partenaire clé pour la Chine en Afrique
Le Nigeria confirme son statut de partenaire économique majeur pour la Chine. En 2025, les échanges bilatéraux avaient déjà dépassé les 28 milliards de dollars, marquant une hausse de plus de 28 % en un an. Les investissements directs chinois au Nigeria ont également connu une progression fulgurante, avec 690 millions de dollars injectés, soit une augmentation de 103 % par rapport à l’année précédente. Le Nigeria se positionne ainsi comme le deuxième partenaire commercial de la Chine en Afrique, derrière l’Afrique du Sud, et son premier marché pour les contrats d’ingénierie sur le continent.
Un modèle à suivre pour l’industrialisation africaine ?
Si cette politique zéro tarif offre une bouffée d’oxygène aux exportateurs nigérians, elle soulève aussi des questions sur la capacité du pays à transformer cette opportunité en développement industriel durable. Les experts soulignent que la dépendance aux matières premières et la faible valeur ajoutée des exportations pourraient limiter les bénéfices à long terme. Pour Yan Yuqing, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation conjointe, mais son succès dépendra aussi de la capacité du Nigeria à diversifier son économie et à renforcer ses capacités productives.