À Shanghai, un parc industriel dédié à la 6G teste des lunettes intelligentes capables de capter les émotions de leur porteur et de se connecter aux satellites en zone isolée. Une avancée qui illustre l’ambition chinoise de créer un écosystème technologique intégré, combinant réseaux terrestres, aériens et spatiaux.
Des lunettes qui analysent vos émotions et alertent sur Alzheimer
Dans le parc industriel Shanghai 6G AI-Valley, situé à Sijing dans le district de Songjiang, des lunettes intelligentes en développement pourraient bientôt révolutionner l’interaction homme-machine. Équipées d’électrodes intégrées à la monture, elles analysent les signaux cérébraux pour détecter les changements d’humeur et d’émotions. Selon un développeur, elles pourraient « sélectionner de la musique ou commander un café en fonction de l’état émotionnel de l’utilisateur ».
Au-delà du confort quotidien, ces lunettes pourraient aussi jouer un rôle médical en alertant sur les premiers signes de la maladie d’Alzheimer. Leur module satellite intégré leur permet de rester fonctionnelles même dans des zones reculées, dépourvues de réseaux terrestres.
La 6G, bien plus qu’un réseau : une connectivité intelligente et ubiquitaire
Pour Jin Jun, président du Shanghai 6G AI-Valley, la 6G dépasse largement les promesses de la 5G. Si cette dernière relie les humains aux humains et aux objets, la 6G vise une interaction profonde entre humains, objets physiques et agents intelligents. La Chine, déjà leader mondial des réseaux de communication, accélère les essais technologiques avec des réseaux optiques à 10 gigabits et des systèmes de transmission à 400G.
Le déploiement de constellations satellites et le développement d’infrastructures intégrées (internet industriel, réseaux intelligents à basse altitude) s’inscrivent dans cette vision. Le district de Songjiang, avec son parc de 1 km², incarne cette ambition en devenant un hub pour les entreprises et les centres de R&D.
Un écosystème industriel conçu pour l’innovation et la production
Le Shanghai 6G AI-Valley Future Industry Park offre un modèle intégré où la recherche, les tests et la production coexistent. Zhou Nanqing, fondateur d’une entreprise spécialisée dans les solutions physiques pour les signaux 6G, souligne l’efficacité du site : « Le parc couvre 120 000 m² avec 15 bâtiments. Un prototype peut être développé en R&D, testé en laboratoire, puis produit en petite série avant une fabrication à grande échelle dans les usines voisines. »
Le parc facilite aussi les partenariats avec plus de 10 institutions financières, les liens avec les acteurs en amont et en aval, et l’accès à des plateformes de production pilotes. Objectif : attirer 100 entreprises d’ici 2027 et générer un chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de yuans d’ici 2030.
Des robots plus intelligents et des coûts divisés par deux
Pour résoudre le problème des robots « dont le corps va plus vite que le cerveau », le parc accueille des entreprises développant des solutions 6G combinant détection millimétrique, communication et calcul. Une autre société travaille sur des technologies réduisant de 40 à 60 % les coûts matériels des robots. Résultat : un réseau intégré espace-air-sol émerge, reliant satellites, stations terrestres et terminaux utilisateurs.
Avec 79 entreprises clés dans la chaîne de valeur des communications mobiles, le district de Songjiang a généré 28 milliards de yuans de revenus en 2025. Une preuve que l’Afrique et les autres régions doivent surveiller cette course technologique pour ne pas prendre de retard stratégique.