La Chine a officiellement dévoilé sa feuille de route pour conquérir la surface lunaire avant la fin de la décennie. En multipliant les tests techniques et en structurant un calendrier ambitieux, Pékin cherche à s'imposer comme la première puissance spatiale mondiale, défiant directement les objectifs de la NASA.
Un calendrier de tests intensif dès 2027
La stratégie chinoise repose sur une montée en puissance technologique rigoureuse. Le programme prévoit un premier vol d'essai non habité en 2027, utilisant une fusée Long March 10A pour placer le vaisseau Mengzhou en orbite terrestre basse. Dès 2028, une seconde mission testera l'atterrisseur Lanyue, propulsé par une fusée Long March 10 équipée de boosters, avec pour objectif de simuler une descente et un redécollage depuis la surface lunaire. Ces essais, conduits depuis la base de Wenchang, constituent les étapes préalables indispensables avant toute tentative habitée.
L'enjeu de l'arrimage en orbite lunaire
L'année 2029 marquera une étape critique avec une mission complexe impliquant deux fusées Long March 10 lancées simultanément. L'une transportera le vaisseau habité Mengzhou, l'autre l'atterrisseur Lanyue. La réussite de leur arrimage en orbite lunaire sera le prérequis technique ultime avant l'envoi d'astronautes. Cette architecture de mission, qui nécessite une synchronisation parfaite, témoigne de la maturité acquise par l'agence spatiale chinoise, passée en quelques années du statut de suiveur à celui de challenger direct des puissances historiques.
La course contre les retards du programme Artemis
L'ambition chinoise s'inscrit dans un contexte de compétition géopolitique intense. Si les États-Unis prévoient un retour sur la Lune via le programme Artemis, les retards accumulés par les partenaires privés de la NASA, notamment SpaceX et Blue Origin, fragilisent le calendrier américain initialement fixé à 2028. La Chine, qui a déjà validé avec succès des tests au sol de son atterrisseur de 26 tonnes, mise sur cette dynamique pour devancer Washington. Alors que les États-Unis craignent de perdre leur suprématie, la réussite de ce projet chinois pourrait redéfinir durablement l'équilibre des forces dans la conquête spatiale internationale.