La Chine franchit une nouvelle étape dans la conquête spatiale avec le vol inaugural de Pallas-1, une fusée conçue pour la réutilisabilité. Galactic Energy, son opérateur, se positionne ainsi comme un acteur majeur dans une course où SpaceX reste leader.
Une fusée conçue pour la réutilisabilité dès sa conception
Le 1er septembre, Galactic Energy a réussi le lancement inaugural de sa fusée Pallas-1, marquant un tournant dans l’ambition spatiale chinoise. Avec une hauteur de 52 mètres et un poids de 283 tonnes au décollage, ce lanceur moyen à lourd est capable d’emporter jusqu’à 7 tonnes en orbite basse. Contrairement à ses prédécesseurs comme Ceres-1, Pallas-1 intègre dès sa conception des technologies dédiées à la réutilisabilité, avec un objectif d’au moins 25 vols par étage.
Pour l’instant, le premier vol n’a pas testé la récupération du booster, mais les prochaines missions serviront à valider les systèmes de rentrée atmosphérique, de freinage et, à terme, d’atterrissage vertical. Une approche progressive, inspirée des méthodes éprouvées par SpaceX et Blue Origin.
La Chine comble son retard sur les États-Unis
La réutilisabilité des lanceurs est devenue un enjeu stratégique pour réduire les coûts et accélérer le rythme des missions. Si SpaceX domine le secteur avec son Falcon 9, capable de dizaines de réutilisations, la Chine multiplie les initiatives pour combler son retard. En juillet, le pays a réussi la récupération d’un lanceur orbital, la Long March 10B, grâce à un système de capture par filet en mer. Plus récemment, LandSpace a fait atterrir verticalement le premier étage de sa fusée Zhuque-3 Y2 après un vol orbital.
Ces avancées illustrent une accélération notable du programme spatial chinois, qui mise sur l’innovation pour rivaliser avec les États-Unis. La course vers la Lune, où les deux puissances ambitionnent d’établir des bases permanentes, ajoute une dimension géopolitique à cette compétition technologique.
Un marché spatial en pleine mutation
Avec Pallas-1, Galactic Energy s’inscrit dans une dynamique où les acteurs privés chinois gagnent en maturité. Fondée en 2018, l’entreprise avait d’abord misé sur des lanceurs à propulsion solide avant de se tourner vers des solutions plus ambitieuses. Son ambition reflète une tendance globale : la réutilisabilité n’est plus un luxe, mais une nécessité pour rester compétitif.
Alors que SpaceX prépare l’arrivée de Starship, qui pourrait rendre le Falcon 9 obsolète, la Chine mise sur des étapes intermédiaires pour sécuriser sa place dans le secteur. Les prochains tests de Pallas-1, notamment ceux portant sur la récupération du premier étage, seront déterminants pour évaluer sa capacité à rivaliser avec les leaders mondiaux.