Diplômée de l'université d'Akdeniz en Turquie, la chercheuse burkinabè Madiamse Gaëlle Koné s'est distinguée par ses travaux sur le repositionnement thérapeutique du valnoctamide. Son étude, axée sur la lutte contre les cellules cancéreuses du sein et de l'ovaire, illustre l'importance de la recherche fondamentale pour anticiper les défis sanitaires du continent africain.
Une approche scientifique par le repositionnement
Le projet de recherche de Gaëlle Koné s'inscrit dans la stratégie du « drug repurposing », qui consiste à tester l'efficacité de molécules déjà connues pour d'autres pathologies sur des cellules cancéreuses. En se concentrant sur le valnoctamide, initialement utilisé dans le traitement de maladies neurologiques, la chercheuse a cherché à identifier une concentration capable d'éliminer sélectivement les cellules tumorales tout en épargnant les cellules saines. Si les résultats préliminaires montrent un effet cytotoxique marqué sur les cellules cancéreuses du sein, la scientifique souligne la nécessité de poursuivre les expérimentations pour confirmer ces pistes thérapeutiques.
Au-delà du laboratoire : un engagement pour la jeunesse
Le parcours de la jeune chercheuse, débuté à l'Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (UCAO) avant de se poursuivre en Turquie grâce à une bourse d'excellence, est indissociable d'un engagement communautaire fort. Vice-présidente de l'Association des étudiants burkinabè en Turquie et coordinatrice éducative au sein de l'organisation Afro Antalya, elle a su transformer les défis liés à l'expatriation en leviers de résilience. Cette expérience lui a permis de développer des compétences en gestion de réseau, en médiation et en transmission, des atouts qu'elle souhaite désormais mettre au service de la jeunesse burkinabè.
Anticiper les défis sanitaires de demain
Pour Gaëlle Koné, la recherche scientifique ne doit pas être perçue comme une quête de résultats immédiats, mais comme un processus graduel nécessitant patience et rigueur. Elle plaide pour un renforcement des capacités scientifiques en Afrique, passant par la création d'infrastructures adaptées et la multiplication des collaborations internationales. En encourageant ses pairs à saisir les opportunités académiques malgré les obstacles, elle souligne que la formation des jeunes chercheurs est une condition sine qua non pour que le continent puisse répondre efficacement aux enjeux de santé publique actuels et futurs.