À l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire 2026 de la Cour suprême, la juge en chef du Nigeria, Kudirat Kekere-Ekun, a adressé une mise en garde ferme aux magistrats du pays. Face à l'approche des élections générales de 2027, elle a insisté sur l'impératif d'une neutralité rigoureuse, rappelant que l'intégrité de l'institution judiciaire est le socle de la confiance publique.
L'exigence d'impartialité face aux tensions politiques
La cheffe de la justice a souligné que les périodes électorales, marquées par une forte activité politique et des émotions vives, placent les tribunaux sous une surveillance accrue. Elle a exhorté les magistrats à traiter les litiges électoraux avec le même calme et la même fidélité au droit que n'importe quel autre dossier. Selon elle, tout comportement ou association politique susceptible de laisser paraître une partialité doit être proscrit, afin de préserver l'autorité de la Constitution et la dignité de la fonction judiciaire.
Responsabilisation des avocats et lutte contre le « forum shopping »
Au-delà du comportement des juges, la juge en chef a interpellé le barreau sur ses pratiques professionnelles. Elle a fermement condamné le « forum shopping », cette stratégie consistant à choisir délibérément une juridiction perçue comme favorable ou à multiplier les procédures similaires pour obtenir des décisions contradictoires. Ces manœuvres, en plus d'encombrer inutilement les rôles des tribunaux, nuisent à l'efficacité du système judiciaire et retardent le traitement des autres dossiers légitimes des citoyens.
Transparence et protection des processus de nomination
La question de la nomination des officiers judiciaires a également été au cœur des préoccupations. Kudirat Kekere-Ekun a plaidé pour des processus de sélection robustes, fondés sur des évaluations structurées et des vérifications d'antécédents, tout en mettant en garde contre les dérives des réseaux sociaux. Elle a appelé à rejeter la culture de l'intimidation et du « procès par l'opinion publique », insistant sur le fait que les critiques contre les jugements doivent emprunter les canaux légaux appropriés plutôt que de se transformer en harcèlement personnel.
Bilan d'activité et gestion des dossiers
Sur le plan opérationnel, la Cour suprême a affiché une activité soutenue avec 2 456 dossiers traités au cours de l'année judiciaire écoulée, aboutissant à 411 jugements rendus. La cheffe de la justice a mis en avant les efforts de gestion des dossiers, notamment via le bureau de l'E-Diary, qui a permis de traiter des affaires anciennes et de clarifier le rôle de la Cour. Cette dynamique de désengorgement reste un point de suivi majeur pour garantir une justice accessible et rapide à tous les justiciables nigérians.