La charge budgétaire des établissements publics marocains a triplé en une décennie

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 7 lectures
La charge budgétaire des établissements publics marocains a triplé en une décennie

Le soutien financier de l'État marocain envers ses établissements et entreprises publics (EEP) connaît une accélération marquée, avec des transferts budgétaires ayant presque triplé en dix ans pour atteindre 72,9 milliards de dirhams en 2025. Cette dynamique, détaillée dans le rapport annexé au projet de loi de finances 2027, souligne le rôle central de ces entités dans l'exécution des politiques publiques, tout en posant la question de la soutenabilité de leurs modèles économiques.

Une dépendance accrue aux subventions publiques

Entre 2015 et 2025, les transferts de l'État vers les EEP ont progressé à un rythme annuel moyen de 10,7 %. En 2025, cette enveloppe de 72,9 milliards de dirhams est majoritairement captée par les structures non marchandes, qui absorbent 73,3 % des fonds, principalement pour couvrir des dépenses de fonctionnement. Le secteur de l'éducation et de la formation professionnelle se distingue comme le premier bénéficiaire, concentrant à lui seul 51 % des versements, suivi par l'agriculture et l'énergie.

Le poids des entités marchandes et les défis de rentabilité

Du côté des entreprises à activité marchande, les apports de l'État visent souvent à pallier des déséquilibres financiers structurels. L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) illustre cette situation avec des pertes nettes importantes, nécessitant des interventions directes sous forme d'augmentations de capital et de subventions d'équipement. D'autres acteurs majeurs, tels que l'ONCF, la SNRT et la Royal Air Maroc, figurent également parmi les bénéficiaires de ces soutiens étatiques destinés à maintenir la continuité des services publics.

Des flux financiers à double sens

Si l'État injecte massivement des fonds, il perçoit également des revenus en retour. En 2025, les EEP ont reversé 20,6 milliards de dirhams au Budget général sous forme de dividendes et de redevances. Toutefois, cette manne est fortement concentrée : l'Agence nationale de la conservation foncière (ANCFCC), l'OCP SA et Bank Al-Maghrib assurent à elles seules environ 82 % de ces contributions. Parallèlement, les EEP ont contribué à hauteur de 24,3 milliards de dirhams au titre de l'impôt sur les sociétés, de l'impôt sur le revenu et de la TVA, confirmant leur rôle de contributeurs fiscaux significatifs malgré les subventions reçues.

Une gestion complexe des ressources parafiscales

Au-delà des transferts directs, le système repose sur un ensemble de taxes parafiscales et de redevances qui échappent au Budget général. Ces ressources, qui ont atteint 6,7 milliards de dirhams en 2025, financent des missions spécifiques, de la formation professionnelle à la promotion touristique. L'enjeu pour les autorités reste de concilier ces besoins de financement public avec la nécessité de garantir la viabilité financière à long terme de chaque entité, dans un contexte où les prévisions de versements au Budget général devraient fluctuer dans les prochaines années.

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