La Chambre des mines du Ghana exhorte le gouvernement à privilégier le dialogue dans la conduite des réformes du secteur extractif. L'organisation souligne la nécessité de concilier l'ambition nationale d'accroître la participation locale avec la protection des emplois et la stabilité indispensable aux investisseurs.
Tensions sociales autour des modèles opérationnels
Le secteur minier ghanéen traverse une période de turbulences, illustrée par les récentes manifestations des travailleurs à Akyem Abirem. Ces derniers s'opposent à la transition vers le « contract mining » (sous-traitance minière), craignant une dégradation de leurs conditions de travail, de leurs salaires et de leur sécurité d'emploi. Ahmed Dasana Nantogmah, directeur des opérations de la Chambre des mines, insiste sur le fait que tout changement de modèle opérationnel doit impérativement faire l'objet d'une concertation approfondie entre les régulateurs, les entreprises et les représentants des salariés pour éviter des conséquences économiques imprévues.
L'exigence de retombées pour les communautés
Au-delà des enjeux salariaux, la question du partage de la valeur avec les populations locales reste centrale. À l'heure où les discussions sur le renouvellement des baux miniers, notamment pour Gold Fields Ghana à Tarkwa, sont scrutées, la Chambre rappelle que les attentes des communautés hôtes sont légitimes. L'enjeu est de transformer l'exploitation des ressources en améliorations tangibles des conditions de vie, tout en garantissant aux investisseurs un cadre juridique prévisible et équitable. Le dialogue avec les autorités traditionnelles est présenté comme un levier indispensable pour apaiser ces relations.
Maintenir la compétitivité du secteur
Malgré les défis réglementaires, notamment ceux concernant Adamus Resources et Northern Ashanti Mines, le secteur affiche une résilience notable. Les performances financières récentes de groupes comme Galiano Gold et AngloGold Ashanti témoignent du potentiel de production du pays. Pour la Chambre des mines, la pérennité de cette dynamique repose sur un environnement opérationnel stable et un cadre fiscal attractif. L'objectif affiché est de bâtir une politique minière cohérente, capable de générer des revenus pour l'État, de soutenir les entreprises locales et de sécuriser les investissements nécessaires à la production future, sans compromettre l'efficacité opérationnelle qui fait la force du Ghana sur le marché international.