La Chambre criminelle de Dakar examine actuellement une affaire de viol et de pédophilie présumés impliquant une ancienne employée de maison, mineure au moment des faits. Ce dossier soulève des enjeux cruciaux liés à la protection des travailleurs domestiques et à la répression des violences sexuelles.
Le récit d'une agression devant la justice
Les faits, survenus le 8 septembre 2024, concernent une jeune domestique alors âgée de 16 ans. Selon les déclarations de la plaignante, aujourd'hui majeure, elle aurait été agressée sexuellement par Modou Gueye, l'époux de son employeuse, sur son lieu de travail. La victime affirme avoir résisté et appelé à l'aide, précisant que des traces de sang sur ses vêtements avaient alerté sa mère, laquelle a immédiatement saisi les autorités compétentes après avoir confronté l'accusé.
Divergences sur la notion de consentement
Devant le juge d'instruction puis à la barre, Modou Gueye a formellement contesté les accusations de viol. S'il reconnaît avoir eu des rapports sexuels avec la jeune fille, il soutient que ces actes étaient consentis et s'inscrivaient dans le cadre d'une relation suivie. Une version radicalement opposée à celle de la plaignante, qui maintient n'avoir jamais consenti à ces rapports. Le dossier judiciaire s'appuie notamment sur un certificat médical attestant de déchirures hyménales récentes, un élément central dans l'appréciation des faits par la cour.
Réquisitions du procureur et enjeux financiers
Le ministère public a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une amende de 2 millions de francs CFA à l'encontre de l'accusé. De son côté, la partie civile a sollicité 50 millions de francs CFA en réparation du préjudice subi par la jeune femme. La défense, plaidant l'acquittement, a soutenu la thèse du consentement et demandé le rejet de la demande d'indemnisation. Le délibéré de cette affaire, qui met en lumière la vulnérabilité des mineures dans le secteur du travail domestique, est attendu pour le 6 octobre 2026.