Face à une situation économique jugée préoccupante, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a formulé des revendications fortes pour soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs français. Elle appelle à une rupture avec les politiques d'austérité, préconisant une revalorisation salariale et un encadrement strict des prix de l'énergie.
Un plaidoyer pour une politique de la demande
Sophie Binet critique vivement le bilan économique actuel, qu'elle qualifie de « naufrage ». En opposant la situation française à celle de l'Espagne, elle soutient que la croissance repose sur la consommation des ménages et non sur les aides accordées aux grandes entreprises. Selon elle, la décennie écoulée, marquée par des mesures fiscales favorables aux plus aisés, a affaibli les services publics et le pouvoir d'achat des salariés, rendant nécessaire une révision profonde des priorités budgétaires de l'État.
Revendications salariales et régulation des prix
Au cœur des propositions syndicales figure l'indexation des salaires sur les prix, ainsi qu'une augmentation spécifique pour les fonctionnaires. Face à la volatilité des cours du pétrole, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient, la dirigeante syndicale réclame un blocage des prix du carburant. Elle estime que cette mesure, déjà éprouvée par le passé, permettrait de soulager immédiatement les travailleurs sans peser sur les finances publiques. Parallèlement, elle cible les bénéfices des groupes pétroliers, qualifiant certains acteurs de « profiteurs de guerre ».
Révision des aides publiques et fiscalité
La CGT propose également de remettre en question l'efficacité des 211 milliards d'euros d'aides publiques versées annuellement aux entreprises. Sophie Binet suggère une refonte du système fiscal, notamment par une taxation accrue des héritages supérieurs à 70 000 euros. L'objectif affiché est de réduire la dépendance à la rente au profit de la valorisation du travail, dans un contexte où elle dénonce une société française de plus en plus inégalitaire.
Mobilisation sociale en perspective
Pour faire entendre ces revendications, la centrale syndicale mise sur la pression de la rue. Une journée de grèves et de manifestations est prévue le 29 septembre. Cette mobilisation vise à peser sur l'élaboration du prochain budget national, que la CGT souhaite voir construit en dehors de l'influence exclusive du patronat. La direction syndicale n'exclut pas de poursuivre le mouvement en fonction de l'ampleur de la participation et des réponses apportées par le gouvernement.