La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, traverse une période critique après avoir été privée d'alimentation électrique externe pendant plus d'une semaine. Cette situation contraint le site, sous contrôle russe depuis 2022, à fonctionner grâce à des générateurs diesel de secours, une dépendance qui souligne la fragilité persistante de la sécurité nucléaire dans la zone de conflit.
Une dépendance risquée aux générateurs diesel
Bien que les six réacteurs de la centrale soient à l'arrêt depuis septembre 2022, ils nécessitent un refroidissement constant pour éviter toute fusion du combustible. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a alerté sur le fait que les stocks de diesel sur place ne permettent qu'une autonomie limitée à dix jours. Si des livraisons ont pu être effectuées jeudi et vendredi derniers, l'absence d'approvisionnement régulier depuis six mois rend la gestion de cette ressource vitale extrêmement précaire.
Vingt-sept pannes majeures depuis le début du conflit
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a qualifié la disponibilité du carburant de priorité absolue. Il s'agit de la 27e fois que la centrale subit une coupure totale d'alimentation externe depuis le début de l'invasion russe. Face à cette instabilité, l'agence onusienne tente actuellement de négocier un cessez-le-feu local afin de permettre aux équipes techniques de procéder aux réparations nécessaires sur les lignes électriques endommagées.
Un site au cœur des tensions militaires
La situation est aggravée par la proximité immédiate de la ligne de front le long du fleuve Dnipro. Le site est régulièrement le théâtre d'incidents, notamment des attaques de drones. L'AIEA a récemment rapporté trois incidents de ce type en une seule semaine, ayant causé des blessures à deux employés. Plus tôt en août, une frappe de drone à proximité immédiate des installations a causé la mort d'un spécialiste nucléaire et blessé 17 autres personnes. Ces événements renforcent les accusations des autorités ukrainiennes, qui dénoncent un chantage nucléaire exercé par la Russie, tandis que les deux camps continuent de se rejeter la responsabilité des attaques sur cette infrastructure stratégique.