La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) engage une réforme majeure de sa gestion des données énergétiques. Réunis à Libreville, experts et partenaires techniques travaillent à la mise en place d'un Système d'Information Énergétique (SIE) régional, visant à harmoniser la collecte et l'analyse des ressources pour renforcer la planification stratégique des États membres.
Vers une harmonisation des données régionales
Actuellement, les pays de la zone CEMAC disposent de volumes importants de données sur les hydrocarbures, l'électricité, la biomasse et les énergies renouvelables. Cependant, ces informations souffrent d'une fragmentation persistante entre les administrations nationales et les opérateurs privés. L'absence de nomenclatures communes et de circuits de validation standardisés entrave la visibilité globale du secteur. L'objectif des travaux en cours est de transformer ces bases disparates en un dispositif opérationnel et durable, capable de faciliter la circulation fluide des données entre les États et la Commission de la CEMAC.
Un levier pour la souveraineté énergétique
Au-delà de l'aspect technique, la maîtrise de l'information énergétique est présentée comme un enjeu de souveraineté. En consolidant leurs données, les États membres entendent mieux identifier leurs besoins réels, leurs déficits et leurs dépendances. Cette connaissance fine des ressources est jugée indispensable pour améliorer la planification nationale et renforcer la position de la région lors des négociations internationales. Le système visé permettra aux pays de conserver la responsabilité de leurs données tout en respectant des standards communautaires de comparabilité.
Feuille de route et appui continental
Ce processus bénéficie de l'accompagnement technique de la Commission Africaine de l'Énergie (AFREC), qui apporte son expertise méthodologique, notamment après une mission de benchmarking réalisée à Alger. Les experts présents à Libreville ont pour mission de finaliser des plans d'action nationaux budgétisés et une feuille de route régionale assortie d'indicateurs de performance clairs. Ces travaux serviront de socle à la réunion ministérielle de haut niveau prévue les 24 et 25 septembre, où une déclaration commune devrait acter l'engagement politique des États membres pour la mise en œuvre effective du système.