La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) multiplie les réunions techniques pour maintenir le cap sur l'échéance de 2027 concernant l'introduction de l'ECO. Si l'objectif reste officiellement atteignable, le projet demeure confronté à des arbitrages complexes sur la gouvernance monétaire et les régimes de change qui conditionnent la viabilité de cette monnaie commune.
Une accélération des travaux techniques
Entre fin août et début septembre, trois sessions de travail intensives ont mobilisé les experts et les gouverneurs des banques centrales de la zone. Ces échanges, incluant la 14ᵉ session du Conseil de convergence, ont permis d'évaluer les performances macroéconomiques des États membres et le respect des critères nécessaires à l'union monétaire. Cette séquence marque une volonté de la nouvelle Commission de la Cédéao, dirigée par le général Birame Diop, de structurer un calendrier opérationnel rigoureux sous l'impulsion de la présidence sénégalaise.
Le défi des arbitrages structurels
Malgré la confirmation de l'échéance de 2027 lors du sommet de Lungi, des points de blocage fondamentaux subsistent. Les instances dirigeantes doivent encore trancher sur le modèle de la future banque centrale, la politique monétaire commune et le régime de change. Ces décisions sont rendues délicates par la diversité des situations économiques au sein de l'espace communautaire, notamment entre les pays membres de l'Uemoa, déjà liés par le franc CFA, et les autres États qui conservent des politiques monétaires et des monnaies nationales distinctes, comme le Nigeria.
Un contexte régional en mutation
Le projet d'intégration monétaire, dont les prémices remontent à 1987, s'inscrit désormais dans une configuration régionale inédite. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao réduit le bloc à douze pays, modifiant ainsi le poids économique et la représentativité du futur espace monétaire. Face à ces réalités, l'organisation privilégie désormais une approche pragmatique : une entrée en vigueur progressive de l'ECO, réservée aux seuls États qui rempliront effectivement les critères de convergence économique requis à l'horizon 2027.