L'annonce par le gouverneur de Siaya, James Orengo, de sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 a provoqué une vive réaction au sein de la classe politique kényane. Cette initiative, perçue par certains cadres comme une manœuvre de division, illustre la recomposition des forces au sein de la région Nyanza et les fractures persistantes au sein du parti ODM.
Une opposition frontale à la candidature d'Orengo
Le député de Homa Bay Town, Peter Kaluma, a ouvertement rejeté les ambitions présidentielles de James Orengo. Selon le parlementaire, cette candidature ne parviendrait pas à mobiliser un électorat significatif dans une région où, affirme-t-il, une majorité de la communauté Luo a choisi de soutenir l'actuel président William Ruto. Kaluma accuse le gouverneur de Siaya de chercher à affaiblir le poids électoral de la région en faisant cavalier seul, rappelant des tentatives infructueuses passées du gouverneur lors de scrutins nationaux.
La lutte pour le contrôle de l'héritage politique
Ces tensions s'inscrivent dans une bataille plus large pour le leadership de la région Nyanza, exacerbée par la disparition de l'influence centrale de l'ancien leader de l'ODM, Raila Odinga. Le paysage politique est désormais scindé entre deux factions : le groupe « Linda Mwananchi », mené par James Orengo, et l'aile du parti dirigée par Oburu Oginga, qui privilégie une ligne de collaboration avec le gouvernement en place. Cette scission fragilise la cohésion du parti et influence les stratégies locales, comme en témoignent les échanges virulents entre élus sur les alliances futures.
Des enjeux électoraux et des rivalités locales
Au-delà de la course à la présidence, les déclarations de Peter Kaluma mettent en lumière des enjeux de pouvoir locaux et nationaux. Le député a notamment critiqué le sénateur de Nairobi, Edwin Sifuna, qu'il juge trop inexpérimenté pour briguer la magistrature suprême, tout en évoquant des manœuvres en coulisses impliquant l'ancien vice-président Rigathi Gachagua. Parallèlement, Kaluma a menacé de s'opposer aux ambitions du député Babu Owino pour le poste de gouverneur de Nairobi, en signe de représailles pour des interférences présumées dans sa propre circonscription. Ces manœuvres soulignent l'importance cruciale de la mobilisation des électeurs, Kaluma appelant ses administrés à s'inscrire massivement sur les listes électorales pour peser sur les prochains scrutins.