Le gouvernement ghanéen a officiellement annoncé, le 6 octobre 2026, sa volonté d'intégrer les BRICS. Cette démarche, portée par le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, marque une volonté affirmée d'Accra de diversifier ses partenariats internationaux et de renforcer son influence au sein du Sud global.
Une ambition économique au-delà des échanges commerciaux
Avec un PIB de 114,2 milliards de dollars en 2025 et une croissance de 6 %, le Ghana cherche à transformer ses relations économiques actuelles. Si le pays entretient déjà des liens commerciaux étroits avec la Chine — dont les échanges ont atteint 14,1 milliards de dollars en 2025 — et l'Inde, l'adhésion aux BRICS offrirait un accès privilégié à la Nouvelle Banque de Développement. Pour Accra, l'enjeu est de dépasser l'exportation de matières premières pour attirer des investissements dans l'infrastructure, la technologie numérique et l'énergie, tout en conservant une autonomie face aux réformes structurelles nécessaires à son économie.
Le défi de l'équilibre sécuritaire
L'adhésion aux BRICS ne constitue pas une alliance militaire et ne saurait remplacer les partenariats sécuritaires existants. Le Ghana maintient une coopération robuste avec les États-Unis, notamment en matière de renseignement, de lutte contre le terrorisme et de sécurité maritime, réaffirmée en septembre 2026. La stratégie d'Accra repose sur une diversification des options plutôt que sur une substitution. Le pays doit veiller à ce que son rapprochement avec les BRICS ne nuise pas à son interopérabilité avec ses alliés occidentaux ou aux engagements sécuritaires régionaux au sein de la CEDEAO.
La quête d'une autonomie stratégique
La candidature ghanéenne s'inscrit dans un contexte de recomposition de l'ordre mondial où le pays souhaite éviter de s'aligner aveuglément sur un bloc. Si le forum des BRICS permet de porter une voix plus forte sur la réforme de la gouvernance mondiale, il expose également le pays à des pressions diplomatiques accrues, notamment sur les questions de sanctions internationales ou de normes technologiques. Le succès de cette démarche dépendra de la capacité du Ghana à transformer cette adhésion potentielle en un levier de négociation. Pour Accra, l'objectif final reste de préserver sa flexibilité diplomatique afin de garantir, dans un monde fragmenté, la liberté de choisir ses partenaires en fonction de ses intérêts nationaux.