La course de l'ancien président sénégalais Macky Sall pour succéder à António Guterres au secrétariat général des Nations unies marque le pas. Malgré une candidature maintenue jusqu'à l'échéance de 2026, les résultats des récents votes indicatifs au Conseil de sécurité et les réticences manifestées au sein de l'Union africaine soulignent l'isolement croissant de sa démarche sur la scène internationale.
Des résultats stagnants au Conseil de sécurité
Les deux scrutins indicatifs organisés par le Conseil de sécurité, les 30 juillet et 21 août, ont révélé une fragilité structurelle de la candidature. Avec seulement six voix favorables pour sept avis défavorables et deux abstentions, le score de Macky Sall est resté identique lors des deux tours. Ce positionnement, loin du seuil requis pour une élection, témoigne d'un manque d'adhésion parmi les membres du Conseil, rendant la perspective d'une nomination de plus en plus incertaine à mesure que l'échéance de fin 2026 approche.
Le désaveu de l'Union africaine
Le revers diplomatique le plus significatif s'est cristallisé dès le mois de mars, lorsque l'Union africaine a été sollicitée pour entériner cette candidature via une « procédure de silence ». Cette tentative d'approbation tacite a échoué, 20 des 55 États membres ayant exprimé des objections ou réclamé un délai de réflexion. Ce blocage illustre les divisions internes au continent africain, incapable de se fédérer autour d'une candidature unique, et fragilise la légitimité de l'ancien chef d'État sénégalais en tant que représentant du bloc continental.
Un soutien politique en demi-teinte
Au-delà des instances multilatérales, la stratégie de campagne de Macky Sall semble souffrir d'un manque de relais efficaces. Si certains alliés ont tenté de porter sa candidature, le soutien de Dakar est resté discret, tandis que l'implication active d'autres figures régionales, comme le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, a été contre-productive. L'image politique associée à ces soutiens, marquée par des crises de gouvernance, a entravé la dynamique nécessaire pour convaincre les membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité de la viabilité de cette candidature.