La campagne agricole 2026 au Mali est placée sous haute tension par un déficit pluviométrique marqué, fragilisant les zones de production céréalière et cotonnière. Cette instabilité climatique contraint les exploitants à une mutation forcée de leurs pratiques pour tenter de garantir la sécurité alimentaire des ménages.
Une mutation forcée des cultures
Dans les régions de Koutiala, Kita et Dioïla, piliers de la production agricole nationale, le constat est alarmant. De nombreux agriculteurs, à l'instar de Karamogo Dembélé, ont dû abandonner la culture du coton après des années d'exploitation, faute de conditions hydriques suffisantes. Le maïs, pilier de l'alimentation locale, est également délaissé au profit de variétés jugées plus robustes face à la sécheresse, comme le mil, le sorgho ou l'arachide. Ce changement de stratégie, bien que nécessaire pour la survie immédiate, illustre la précarité croissante des systèmes de production face à un climat devenu erratique.
Risques de pénuries et exode vers l'orpaillage
L'inquiétude des producteurs est partagée par les experts en agronomie, qui alertent sur les conséquences d'un déficit pluviométrique prolongé durant les mois d'août et septembre. Le Dr Modibo Amadou Konaté souligne que l'absence de compensation des précipitations actuelles pourrait engendrer des pénuries alimentaires significatives. Cette situation pousse déjà certains exploitants, comme Moïse Sagara à Zamblala, à réduire drastiquement leurs surfaces cultivées. Pour d'autres, l'agriculture ne suffit plus à assurer la subsistance familiale, entraînant un basculement vers les sites d'orpaillage comme ultime recours économique.
L'incertitude des prévisions météorologiques
Face à ce défi, les initiatives locales se multiplient, notamment à travers l'introduction de cultures alternatives comme le haricot, testées par des agriculteurs comme Mamadou Dembélé pour leur meilleure résistance au stress hydrique. Toutefois, la complexité des variations climatiques spatiales rend les projections de Mali-Météo particulièrement délicates. Si la résilience des paysans maliens est réelle, la question de la durabilité de ces adaptations ponctuelles demeure entière. Les prochaines semaines seront déterminantes pour le remplissage des grains et, plus largement, pour la stabilité de l'approvisionnement alimentaire du pays à l'horizon 2026.