La coalition politique C64 a appelé jeudi les Congolais à descendre dans la rue le 15 septembre prochain à Kinshasa pour exprimer leur opposition au projet de changement de Constitution. Cette mobilisation, prévue devant le Palais du Peuple, intervient alors que les responsables de la coalition reprochent au pouvoir de faire de la révision constitutionnelle une priorité au détriment de problèmes jugés plus urgents par la population.
Un appel à la mobilisation place du Peuple
À l'issue d'une réunion dédiée aux préparatifs de cette action, Franklin Tshiamala, secrétaire général du parti LGD de l'ancien Premier ministre Matata Ponyo, a annoncé que la C64 entendait rassembler ses partisans le 15 septembre devant le Palais du Peuple, siège de l'assemblée nationale. Cet appel s'inscrit dans le cadre d'une opposition résolue au projet de modification de la loi fondamentale que la coalition attribue au camp au pouvoir.
Priorités du pouvoir contestées
Au nom de la conférence des présidents de la C64, Franklin Tshiamala a vivement critiqué l'ordre des urgences du gouvernement. « Pendant que les Congolais enterrent leurs morts, chôment et subissent la corruption, la seule urgence du pouvoir reste le changement constitutionnel », a-t-il déclaré. La coalition a listé plusieurs crises qui, selon elle, devraient retenir l'attention des autorités : la situation sécuritaire dégradée dans l'est de la RDC, les décès liés à l'épidémie d'Ebola, le chômage persistant ainsi que la corruption et les détournements de deniers publics.
L'enjeu du changement constitutionnel
Au-delà de la contestation des priorités gouvernementales, la C64 affirme vouloir faire de cette manifestation un moyen d'alerter l'opinion sur ce qu'elle considère comme une dérive institutionnelle. La coalition accuse le pouvoir de chercher à « instaurer un pouvoir à vie » par le biais de cette révision constitutionnelle. Franklin Tshiamala a par ailleurs appelé les député·e·s nationaux à exercer leur mandat dans l'intérêt de la population, avertissant que les manifestant·e·s pourraient leur demander des comptes s'ils estimaient qu'ils s'écartaient de leur mission de représentation.