Le marché à terme marocain est officiellement entré en phase opérationnelle le 6 avril 2026 avec la cotation du premier contrat Future MASI 20. Ce lancement marque l'aboutissement d'un vaste chantier institutionnel et réglementaire entamé en 2019, visant à doter les investisseurs d'outils de couverture contre les risques de marché.
Une architecture de contrôle rigoureuse
La mise en place de ce compartiment repose sur une coordination étroite entre Bank Al-Maghrib et l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) au sein de l'ICMAT. Cette instance a défini un cadre prudentiel exigeant, imposant des seuils de capitalisation élevés pour les acteurs du marché : 25 millions de dirhams pour la société gestionnaire et 100 millions pour la chambre de compensation. Ces garde-fous visent à garantir la solidité du système face aux fluctuations, en imposant des ratios stricts de solvabilité et de liquidité aux membres négociateurs et compensateurs.
La gestion des risques au cœur du dispositif
Le cadre réglementaire, nourri par des missions de conseil de la Banque mondiale, aligne les pratiques marocaines sur les standards internationaux comme EMIR et ESMA. La chambre de compensation, pilier central du dispositif, est soumise à une surveillance permanente avec des obligations de couverture du risque d'activité et de gestion des défauts. Les membres du marché doivent respecter des plafonds d'exposition précis, tant sur les instruments financiers que sur leurs clients, renforçant ainsi la résilience globale de l'infrastructure financière nationale.
Une transformation structurelle de la place financière
Le lancement du marché à terme s'inscrit dans une refonte plus large des infrastructures de la Bourse de Casablanca, désormais organisée en holding. Cette nouvelle structure intègre la gestion du marché, la chambre de compensation et une participation dans Maroclear, consolidant ainsi la chaîne de traitement des transactions. Lors de la première séance de cotation, 1 295 contrats ont été échangés sur quatre échéances, pour un volume notionnel de 17 millions de dirhams. Cinq membres négociateurs, dont CDG Capital Bourse et Attijari Intermédiation, assurent désormais l'animation de ce nouveau segment, aux côtés de trois établissements bancaires habilités à la compensation.