Une décision audacieuse pour relancer la croissance Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BEAC frappe fort. Hier, sous la présidence de Yvon Sané Bangui, il ajuste ses outils pour soutenir une économie sous pression. Des taux revus à la baisse. Mais suffit-il pour relancer la CEMAC ?
Un contexte économique sous tension Le monde ralentit. Le FMI table sur une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, contre 3,4 % l’an dernier. La CEMAC, elle, affiche des chiffres contrastés. 3,2 % de croissance prévue – en légère baisse par rapport à 2025. L’inflation, elle, grimpe : 2,4 % en moyenne annuelle, contre 2,1 % l’année passée. Un déficit budgétaire réduit, mais toujours élevé (1,9 % du PIB). Et les réserves de change ? 4,72 mois d’importations, contre 4,12 en 2025.
Des mesures concrètes pour désenclaver l’économie Le CPM ne reste pas les bras croisés. Trois leviers actionnés :
- Le taux des appels d’offres passe de 4,75 % à 4,50 %, pour faciliter l’accès au crédit.
- La facilité de prêt marginal baisse de 6,25 % à 5,75 %, réduisant le coût du financement pour les entreprises.
- Les réserves obligatoires sont allégées : 7 % à 6,5 % pour les dépôts à vue, 4,5 % à 4 % pour les engagements à terme. Plus de liquidités en circulation.
Un taux de dépôt figé à zéro Seul bémol : la facilité de dépôt reste à 0 %. Une décision qui interroge. Faut-il plus de flexibilité pour stimuler l’épargne ?
Et maintenant ? La question reste entière Ces ajustements visent à relancer l’investissement et à stabiliser les prix. Mais suffiront-ils à enrayer la désinflation et à attirer les capitaux ? La BEAC mise sur une meilleure couverture extérieure (70,7 % en 2026) et une masse monétaire en hausse de 13,1 %. Assez pour éviter le piège de la stagnation ?
Un signal fort, mais les défis persistent La CEMAC navigue entre croissance atone et pression inflationniste. Les baisses de taux sont un coup de pouce nécessaire, mais la réforme structurelle reste indispensable. La question n’est pas seulement monétaire : c’est l’ensemble du système économique qui doit évoluer. Sinon, ces mesures risquent de rester des pansements sur une jambe de bois.
**Et vous, croyez-vous que ces ajustements suffiront ?****