Réuni à Dakar, le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO a choisi la stabilité en maintenant son taux directeur à 3,00%. Cette décision intervient alors que l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) affiche une croissance robuste, mais doit désormais composer avec des risques inflationnistes importés.
Stabilité des taux et liquidité bancaire
Le Comité de Politique Monétaire a confirmé le maintien du taux directeur à 3,00%, du taux de prêt marginal à 5,00% et du coefficient des réserves obligatoires à 3,00%. Ce choix s'appuie sur un bilan positif du deuxième trimestre 2026, marqué par une liquidité bancaire accrue et un financement de l'économie jugé satisfaisant. Cette orientation fait suite à la baisse des taux opérée en mars dernier, qui avait permis d'assouplir les conditions de crédit au sein de l'espace communautaire.
La menace des tensions géopolitiques sur les prix
Malgré une conjoncture intérieure favorable, le Gouverneur Jean Claude Kassi Brou a souligné une accélération récente de l'inflation. Cette tendance est directement corrélée aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui pèse sur les cours mondiaux. En conséquence, plusieurs États membres ont déjà dû ajuster à la hausse les prix des carburants à la pompe. À ces pressions énergétiques s'ajoute une augmentation du coût de certains produits de consommation courante, tels que la viande, le poisson et les légumes, pesant sur le pouvoir d'achat.
Appel à la consolidation budgétaire des États
Face à ces incertitudes internationales qui fragilisent l'équilibre extérieur de l'Union, la Banque centrale adopte une posture de prudence. Si la politique monétaire reste inchangée pour le moment, l'institution insiste sur la nécessité pour les gouvernements de renforcer leur discipline budgétaire. La BCEAO entend porter ce message lors de la prochaine réunion du Conseil des Ministres de l'Union, soulignant que la consolidation des finances publiques est une condition indispensable pour accroître la résilience des économies nationales face aux chocs exogènes.