Un conflit dynastique oppose désormais la famille royale Modjadji au président Cyril Ramaphosa devant la Haute Cour de Pretoria, où la légitimité de la reine Masalanabo Modjadji VII est contestée. Le clan royal Balobedu accuse le chef de l’État d’avoir validé une décision prise par un conseil et des individus sans lien légal avec la monarchie, tandis que ses membres réclament l’intronisation du frère de la reine. Une audience décisive s’ouvre ce jeudi pour trancher ce différend aux enjeux à la fois coutumiers et politiques.
Une reconnaissance présidentielle contestée sur le plan coutumier
En décembre 2024, le président Cyril Ramaphosa a officiellement reconnu Masalanabo Modjadji VII comme reine des Balobedu, une décision qui a immédiatement suscité la colère de factions de la famille royale. Ces dernières estiment que cette reconnaissance repose sur des instructions émanant d’un conseil royal et d’individus sans légitimité juridique pour décider du sort de la dynastie. Pour elles, le processus de désignation de la souveraine actuelle, entamé en 2015, aurait été biaisé par des violations des lois et coutumes traditionnelles.
Le clan royal exige une enquête et une révision de la succession
Représentée par l’avocat Henk Havenga, la famille Modjadji a saisi la justice pour faire annuler la décision présidentielle. Leurs revendications vont bien au-delà d’un simple rejet : ils demandent la création d’un comité indépendant chargé d’éclaircir plusieurs points cruciaux. Parmi eux, la conformité de l’identification du successeur en 2015 avec le droit coutumier, la légitimité de la désignation de Masalanabo Modjadji VII par une partie de la famille, ou encore la possibilité d’organiser une nouvelle élection ou une nouvelle identification par la majorité du clan. Le frère de la reine actuelle, lui, est présenté comme l’alternative privilégiée par ses partisans.
Un enjeu qui dépasse la dynastie Balobedu
Ce litige met en lumière les tensions persistantes entre les traditions locales et les cadres juridiques sud-africains, notamment dans la gestion des monarchies traditionnelles. La décision de la Haute Cour pourrait avoir des répercussions bien au-delà du palais royal de Modjadji, en influençant la manière dont l’État reconnaît – ou non – les successions au sein des chefferies africaines. Pour les Balobedu, l’issue de ce procès déterminera non seulement qui portera la couronne, mais aussi la crédibilité des mécanismes de résolution des conflits au sein de leurs institutions traditionnelles.