La Banque régionale des marchés sous la menace de saisies immobilières de 900 millions FCFA

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 53 lectures
La Banque régionale des marchés sous la menace de saisies immobilières de 900 millions FCFA

La Banque régionale des marchés (BRVM) traverse une zone de turbulences judiciaires avec la mise en cause de plusieurs de ses actifs immobiliers devant le Tribunal de commerce. Deux procédures distinctes, impliquant des saisies de biens à Dakar et Mbao pour un montant global de plus de 900 millions de FCFA, mettent l'établissement financier sous forte pression. Ces litiges opposent la banque à la société Sofiex ainsi qu'à son propre ancien directeur général, Alioune Camara.

Les faits essentiels

Le 4 août, la Chambre des saisies immobilières du Tribunal de commerce a examiné deux dossiers distincts visant directement la Banque régionale des marchés. La première affaire découle d'une action engagée par la société Sofiex. Elle porte sur la vente forcée d'un droit au bail sur un immeuble situé dans la zone industrielle de Mbao (titre foncier n°12.160/Dp), saisi sur la banque. La mise à prix de ce bien a été fixée à 120 100 000 FCFA. La seconde procédure, particulièrement sensible, est menée par Alioune Camara, l'ancien directeur général de l'établissement, dont le départ s'est déroulé dans un climat polémique. Ce dernier a obtenu la saisie de deux immeubles appartenant à la banque. Le premier, d'une superficie de 754,3 m², se situe rue Talmath à Dakar (titre foncier n°2914/Dk). Le second, d'une superficie de 1 151,80 m², se trouve dans le quartier stratégique de Dakar-Plateau (titre foncier n°2680/Dk). Pour ces deux propriétés, la mise à prix globale s'élève à 787 millions de FCFA.

Pourquoi c'est important

Ces procédures représentent un enjeu financier et réputationnel majeur pour la Banque régionale des marchés, avec un montant cumulé de mises à prix dépassant les 907 millions de FCFA. Au-delà de l'aspect purement comptable, la nature des biens saisis touche au cœur des actifs physiques de l'institution, notamment avec des parcelles de grande valeur situées dans des zones économiques névralgiques comme Dakar-Plateau et la zone industrielle de Mbao. De plus, le fait que l'offensive judiciaire soit menée en partie par un ancien dirigeant de premier plan expose publiquement les différends internes consécutifs à son départ de l'entreprise. Pour un acteur du secteur bancaire, la perspective de voir ses propres biens immobiliers vendus aux enchères publiques constitue un signal délicat vis-à-vis de sa clientèle et de ses partenaires financiers.

Ce qu'il faut surveiller

Le calendrier judiciaire impose désormais une période d'attente prolongée pour l'établissement bancaire. Concernant le litige avec la société Sofiex, le Tribunal de commerce a renvoyé le dossier au 1er septembre 2026 afin de permettre l'examen et la formulation d'observations sur le rapport d'expertise du bien de Mbao. Pour la procédure initiée par Alioune Camara, c'est également à cette même date du 1er septembre 2026 que la juridiction doit rendre son délibéré. Il conviendra de suivre si des négociations à l'amiable ou des recours intermédiaires permettront de dénouer ces crises avant cette échéance lointaine, ou si la banque parviendra à préserver l'intégrité de son patrimoine immobilier face à ces réclamations croisées.

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