La Banque nationale du Rwanda (BNR) a décidé de relever son taux directeur de 50 points de base, le portant à 8,75 %. Cette mesure de resserrement monétaire intervient alors que l'inflation a atteint 14,5 % en juillet, dépassant largement la fourchette cible fixée par l'institution.
Un cycle de resserrement face à l'envolée des prix
Le Comité de politique monétaire (MPC), présidé par la gouverneure Soraya Hakuziyaremye, a acté cette hausse le 26 août dernier. Cette décision s'inscrit dans un cycle de durcissement entamé fin 2025, totalisant désormais une augmentation cumulative de 175 points de base. L'objectif affiché est d'ancrer les anticipations inflationnistes et de limiter les effets de second tour qui pèsent sur l'économie nationale. La BNR prévoit désormais une inflation moyenne de 13,1 % pour l'année 2026, avant un retour progressif dans sa cible initiale de 2 % à 8 % au second semestre 2027.
Les moteurs de l'inflation et risques exogènes
La poussée inflationniste est principalement alimentée par une hausse marquée des prix de l'énergie, qui ont bondi de 45,7 %, ainsi que par le renchérissement des produits alimentaires frais et de l'inflation sous-jacente. Au-delà des facteurs internes, la banque centrale souligne des risques persistants liés au contexte international. Les tensions au Moyen-Orient, susceptibles de maintenir les prix des matières premières à un niveau élevé, ainsi que les effets potentiels du phénomène climatique El Niño sur les cours mondiaux des denrées alimentaires, constituent des points de vigilance majeurs pour les mois à venir.
Dynamisme économique et déséquilibre commercial
Malgré ce contexte inflationniste, le Rwanda affiche une résilience notable avec une croissance économique de 10 % au premier trimestre 2026. Cette dynamique est portée par une activité sectorielle diversifiée et une performance robuste des exportations, qui ont progressé de 51 % au deuxième trimestre, notamment grâce au secteur minier. Toutefois, cette vitalité commerciale s'accompagne d'une hausse des importations de 28 %, entraînant un creusement du déficit commercial de 13,8 %, qui s'établit désormais à 821,9 millions de dollars. La stratégie monétaire actuelle vise donc à équilibrer cette croissance vigoureuse avec la nécessité impérative de stabiliser le cadre macroéconomique.