La Banque mondiale a initié une série de consultations à Kinshasa pour définir les axes stratégiques de son futur Cadre de partenariat pays (CPF) couvrant la période 2027-2036. Cette démarche vise à aligner les financements et l'assistance technique de l'institution sur les besoins réels des entreprises congolaises pour stimuler la transformation économique nationale.
Une feuille de route pour la décennie 2027-2036
Le futur cadre de partenariat, actuellement en phase de conception, déterminera les priorités d'intervention du Groupe de la Banque mondiale en République démocratique du Congo pour les dix prochaines années. Lors d'une consultation tenue au Fleuve Congo Hotel, les pouvoirs publics et les acteurs du secteur privé ont été invités à identifier les leviers de croissance prioritaires. L'accent est mis sur des secteurs à fort potentiel comme l'agro-industrie et la transformation locale des minerais, afin de favoriser une production nationale accrue et la création d'emplois durables.
Le défi de la pérennisation des PME
Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba, a souligné l'urgence d'accompagner les entreprises locales au-delà de leur simple création. Les discussions ont mis en lumière des obstacles structurels majeurs, notamment la difficulté d'accès aux ressources financières et la nécessité de formaliser davantage le tissu entrepreneurial. Pour répondre à ces enjeux, des pistes de réformes concrètes ont été évoquées, telles que la digitalisation des procédures administratives pour faciliter l'enregistrement des entreprises.
Bilan et nouvelles orientations financières
Cette réflexion s'appuie sur un historique d'investissements significatifs : ces dernières années, la Banque mondiale a injecté plus de 850 millions de dollars dans la compétitivité et le secteur financier congolais. Ce soutien a permis de faciliter l'accès au crédit pour plus de 8 000 micro, petites et moyennes entreprises et de générer environ 15 000 emplois. Albert Zeufack, directeur des opérations de l'institution pour la RDC, a réaffirmé l'ambition de faire du secteur privé le moteur principal de l'émergence économique du pays. La réussite de ce nouveau cycle dépendra de la capacité à traduire ces échanges en réformes opérationnelles et en infrastructures productives adaptées aux réalités du marché local.