La Banque mondiale alerte sur la fragilité de l'excédent budgétaire ghanéen

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
La Banque mondiale alerte sur la fragilité de l'excédent budgétaire ghanéen

Le Ghana parvient à dégager un excédent budgétaire, mais cette performance repose essentiellement sur une compression sévère des dépenses publiques. La Banque mondiale met en garde contre cette stratégie, soulignant qu'elle sacrifie des investissements cruciaux pour le développement à long terme du pays.

Une stratégie de consolidation budgétaire sous tension

Lors de la présentation du dixième rapport sur la situation économique du Ghana à Accra, Robert R. Taliercio, directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, le Liberia et la Sierra Leone, a souligné les limites de la trajectoire actuelle. Si l'assainissement des finances publiques est une priorité pour restaurer la stabilité macroéconomique et réduire la vulnérabilité liée à la dette, la méthode employée interroge. L'excédent budgétaire actuel est le résultat direct d'une réduction drastique des dépenses, avec des investissements en capital qui se situent 38 % en dessous des prévisions budgétaires initiales.

Le risque d'un sous-investissement chronique

Pour l'institution financière, cette approche est structurellement non durable. Les dépenses en capital sont le moteur indispensable du développement des infrastructures et de la croissance économique future. En limitant ces investissements sur une période prolongée, le Ghana risque d'affaiblir sa capacité productive globale. Cette stratégie de court terme, bien qu'elle offre un répit budgétaire immédiat, menace de freiner la compétitivité du pays et sa capacité à générer des emplois sur le long terme.

Vers une réforme de la mobilisation des recettes

La Banque mondiale préconise un changement de paradigme pour concilier discipline budgétaire et développement. L'enjeu est de créer un espace fiscal suffisant sans sacrifier les services publics essentiels ni les projets structurants. Pour y parvenir, l'institution insiste sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes domestiques et d'améliorer la gestion globale des dépenses. Ces réformes sont présentées comme les leviers indispensables pour transformer le redressement actuel en une croissance plus inclusive et résiliente, capable de soutenir durablement l'économie ghanéenne face aux défis structurels.

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