La Banque du Ghana a officiellement alerté sur les risques systémiques posés par la circulation de devises étrangères non déclarées aux points d'entrée du pays. Pour endiguer ce phénomène qui fragilise l'économie formelle, une commission d'enquête multisectorielle a été mise en place afin de renforcer la surveillance des flux transfrontaliers.
Une menace pour l'intégrité financière
Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Pandit Asiama, a souligné que le transit de sommes importantes en devises étrangères sans déclaration préalable constitue une faille majeure dans le dispositif financier national. Au-delà de la simple circulation physique de billets, ces flux opaques sont susceptibles de faciliter des activités illicites telles que le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale. Cette situation entrave directement la capacité des autorités à collecter des renseignements financiers fiables, indispensables au suivi et à la régulation du système monétaire.
Détournement des circuits officiels
L'impact de ces mouvements non déclarés dépasse le cadre de la sécurité. En échappant aux canaux officiels, ces capitaux privent le marché des changes formel de liquidités essentielles, affaiblissant ainsi les efforts de la Banque centrale pour stabiliser la monnaie nationale. Cette fuite de ressources hors du système bancaire régulé complique la gestion de la politique monétaire et nuit à la transparence des transactions économiques au sein du pays.
Une réponse interinstitutionnelle coordonnée
Pour répondre à cet enjeu de souveraineté économique, la Banque du Ghana a inauguré un comité d'enquête préliminaire sur les devises étrangères saisies. Cette structure regroupe plusieurs entités stratégiques, dont l'Autorité fiscale du Ghana, la Ghana Airports Company Limited, les services de sécurité nationale, le Bureau des opérations économiques et organisées (EOCO), le Centre de renseignement financier et le bureau du Procureur général. Cette collaboration inter-agences vise à sécuriser les frontières et à protéger les ressources nationales contre les pratiques financières illégales qui menacent la stabilité du marché ghanéen.