La Banque du Ghana (BoG) s'apprête à instaurer une directive dédiée à l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) au sein du secteur financier national. Cette initiative vise à accompagner la transformation numérique des services bancaires tout en instaurant une gouvernance rigoureuse face aux nouveaux défis technologiques.
Un équilibre entre innovation et gestion des risques
Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Pandit Asiama, a souligné lors de la 43e assemblée générale de l'Association des banques du Ghana que l'IA représente un levier majeur pour optimiser l'évaluation du crédit, la détection des fraudes et l'efficacité opérationnelle. Toutefois, l'institution insiste sur la nécessité d'une expérimentation responsable. La future directive se concentrera sur la maîtrise des risques liés à la qualité des données, à la fiabilité des modèles algorithmiques et à la protection des consommateurs tout au long du cycle de vie des technologies déployées.
Renforcement de la surveillance numérique
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des cadres de supervision face à l'essor de la digitalisation. La Banque du Ghana identifie plusieurs points de vigilance critiques, notamment la cybersécurité, la protection des données personnelles, les dépendances vis-à-vis des prestataires tiers et les services de cloud computing. Ces domaines font désormais l'objet d'une attention accrue de la part des autorités de régulation pour prévenir l'émergence de nouveaux canaux de vulnérabilité financière.
Responsabilisation des instances dirigeantes
Au-delà de la conformité technique, le régulateur appelle à un changement de paradigme au sein des institutions bancaires. Le Dr Asiama exhorte les conseils d'administration et les directions générales à intégrer la cybersécurité et la résilience opérationnelle au cœur de leur stratégie globale, plutôt que de les cantonner à des questions purement informatiques. La Banque du Ghana prévoit par ailleurs de mener des revues thématiques pour s'assurer de l'application effective de sa directive révisée sur la sécurité de l'information, encourageant les banques à bâtir des modèles économiques durables et une culture de gestion des risques robuste.