Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Pandit Asiama, a officiellement nommé la deuxième vice-gouverneure, Matilda Asante-Asiedu, pour siéger au conseil d'administration du Ghana Gold Board (GoldBod). Cette nomination, effective depuis le 11 mai 2026, marque une étape dans la restructuration des relations entre l'autorité monétaire et l'institution publique de négoce d'or.
Une réponse aux enjeux de gouvernance
Cette décision intervient dans un climat de surveillance accrue concernant les liens institutionnels entre la banque centrale et GoldBod. Des interrogations avaient été soulevées, notamment par l'ancien ministre des Finances et député de Karaga, le Dr Mohammed Amin Adam, sur les risques potentiels de conflit d'intérêts liés à la présence directe du gouverneur au sein de cet organe de décision, compte tenu des antécédents de financement des achats d'or par la banque centrale.
Clarification du rôle de la banque centrale
Le Dr Asiama a précisé avoir démissionné du conseil d'administration de GoldBod il y a environ cinq mois. Il a rappelé que si la loi sur le Ghana Gold Board de 2025 (Act 1140) impose une représentation de la Banque du Ghana au sein de cette instance, elle n'exige pas que le gouverneur en personne occupe ce siège. La nomination de Matilda Asante-Asiedu permet ainsi de se conformer aux exigences législatives tout en maintenant une distance opérationnelle entre la direction de la banque centrale et la gestion quotidienne de GoldBod.
Évolution des relations financières
Ce changement de gouvernance s'inscrit dans un contexte de désengagement financier progressif. Depuis le 1er juillet 2026, la Banque du Ghana a mis fin au préfinancement des achats d'or effectués par GoldBod. L'institution publique assume désormais un rôle accru dans les mécanismes d'achat et d'intermédiation en devises étrangères. En déléguant ses pouvoirs à la deuxième vice-gouverneure, la banque centrale entend garantir que ses intérêts soient défendus au sein du conseil tout en assurant une séparation plus nette des responsabilités dans la gestion des ressources aurifères nationales.