Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque du Ghana envisage une réduction de 150 points de base de son taux directeur, qui passerait ainsi à 12,5 % en septembre 2026. Cette orientation s'inscrit dans une stratégie de normalisation monétaire visant à ramener l'inflation vers la cible de moyen terme fixée entre 6 % et 10 %.
Une trajectoire de détente monétaire prudente
Malgré un contexte international marqué par des chocs exogènes et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la Banque du Ghana maintient une approche de prudence. Après une première baisse en mars 2026 ramenant le taux à 14 %, le régulateur a choisi de maintenir ce niveau en juillet, tout en surveillant étroitement la hausse des coûts de transport et des prix mondiaux. Les analystes de Databank Research confirment que cette stratégie de desserrement monétaire reste cohérente avec les objectifs de stabilité des prix, malgré une inflation qui a atteint 5,3 % en juin 2026, contre 3,8 % en début d'année.
Dynamisme du crédit et résilience bancaire
La politique de taux actuelle a favorisé une accélération significative du financement de l'économie réelle. Le crédit au secteur privé a enregistré une croissance robuste de 41,2 % en glissement annuel en termes nominaux, soit 34,1 % en termes réels. Cette dynamique est soutenue par un secteur bancaire dont la solidité financière est confirmée par un ratio de solvabilité (Capital Adequacy Ratio) de 20,4 %.
Amélioration de la qualité des actifs
Parallèlement à la croissance du crédit, le système bancaire ghanéen affiche une amélioration de la qualité de son portefeuille de prêts. Le ratio de créances douteuses (NPL) s'est établi à 16,1 %, témoignant d'un renforcement progressif des actifs bancaires. Ces indicateurs suggèrent que les banques disposent de marges de manœuvre suffisantes pour accompagner la politique monétaire tout en maintenant des tampons de capital adéquats face aux pressions inflationnistes persistantes liées aux intrants importés et à l'énergie.