La Banque du Ghana (BoG) fait face à une pression accrue sur sa monnaie nationale, le cedi, sous l'effet conjugué d'un dollar américain fort et d'un durcissement des conditions financières internationales. Cette situation, exacerbée par l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient, contraint l'institution à réévaluer sa stratégie monétaire lors de sa 132e réunion du Comité de politique monétaire.
L'impact du conflit au Moyen-Orient sur les cours du brut
Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Asiama, souligne que les tensions au Moyen-Orient perturbent les flux commerciaux mondiaux et alimentent une inflation importée. Le prix du baril de pétrole Brent, qui s'établissait au-dessus de 85 dollars en juillet, a atteint 107 dollars la semaine dernière. Cette envolée des cours, couplée à des stocks mondiaux en baisse, limite la capacité des marchés à absorber de nouveaux chocs d'approvisionnement, pesant directement sur les coûts énergétiques et agricoles du pays.
Le resserrement monétaire face à l'incertitude mondiale
Face à ces turbulences, la dynamique des banques centrales mondiales a radicalement changé. Plusieurs institutions qui avaient entamé un assouplissement de leurs politiques monétaires ont dû marquer une pause ou inverser leur trajectoire, anticipant une hausse prolongée des taux d'intérêt aux États-Unis. Ce mouvement de repli vers le dollar renforce mécaniquement la pression sur les devises des marchés émergents, dont le cedi ghanéen, qui subit de plein fouet ce durcissement des conditions financières.
Risques sur la croissance et perspectives inflationnistes
Les perspectives économiques globales s'assombrissent, avec des prévisions de croissance revues à la baisse par les institutions internationales. La Banque mondiale et les Nations Unies projettent désormais une croissance mondiale de 2,5 %, un chiffre nettement inférieur aux estimations du FMI établies en avril dernier à 3,1 %. Pour le Ghana, ces indicateurs externes constituent des risques majeurs pour la stabilité des prix intérieurs, forçant la Banque centrale à une vigilance accrue pour protéger l'économie nationale des chocs exogènes.