United Capital prévient que la Banque centrale du Nigeria (CBN) ne réduira pas son taux directeur de 26,5 % tant que la hausse du pétrole brut et du carburant Premium Motor Spirit (PMS) alimente l’incertitude inflationniste, incitant le comité à maintenir sa position.
Inflation en légère décélération mais incertitude persistante
Les données récentes montrent un ralentissement de l’inflation au cours des trois derniers mois, mais les analystes soulignent que les perspectives à court terme restent floues. Cette ambiguïté découle notamment de la volatilité des prix du pétrole et du PMS, qui pourrait rapidement inverser la tendance à la baisse.
Facteurs qui ont soutenu la modération du taux
Plusieurs éléments ont contribué à la récente détente du taux d’intérêt. La monnaie nationale, le naira, s’est appréciée face au dollar américain, réduisant la pression sur les prix importés. Par ailleurs, la saison des récoltes a entraîné une baisse saisonnière des prix alimentaires, tandis qu’une hausse modérée du prix du brut a limité l’impact négatif sur l’inflation. Ces facteurs combinés ont permis à la CBN d’envisager, à condition d’une décélération soutenue jusqu’à la fin de l’année, une éventuelle réduction du taux.
Pressions externes et perspectives du Comité de politique monétaire
Le Comité de politique monétaire (MPC), réuni du jour au lendemain, doit désormais concilier les améliorations macroéconomiques internes – observées depuis juillet 2026 – avec les risques globaux. Le conflit États‑Unis‑Iran et la hausse des coûts énergétiques mondiaux constituent des variables qui compliquent la lecture du tableau économique. United Capital estime qu’une hausse du taux serait contre‑productive, augmentant les coûts pour les entreprises et sapant les gains récents. Ainsi, le rapport prévoit que le MPC maintiendra le MPR à 26,5 % et conservera le corridor des facilités de standing à +50/-450 points de base, ainsi que les exigences de réserves obligatoires (CRR) à 45 % pour les banques de dépôt, 16 % pour les banques marchandes, et le ratio de liquidité à 30 %.
Sur le plan externe, le secteur extérieur nigérian reste résilient, soutenant la stabilité du taux de change à court terme, ce qui renforce la capacité de la CBN à garder une politique monétaire stable tout en surveillant l’évolution des prix du pétrole et du PMS.