La Banque centrale du Ghana sévit contre la mode des bouquets d'argent pour protéger la monnaie nationale

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 16 lectures
La Banque centrale du Ghana sévit contre la mode des bouquets d'argent pour protéger la monnaie nationale

L'arrestation récente de sept femmes au Ghana pour la confection de « bouquets d'argent » marque un tournant répressif dans la lutte des autorités contre l'usage détourné des billets de banque. Cette pratique, devenue une tendance festive prisée, est désormais officiellement qualifiée de violation de la loi par la Banque centrale du Ghana, qui y voit une menace pour l'intégrité de la devise nationale.

Une répression judiciaire pour protéger le cedi

Le 5 octobre, le service des enquêtes criminelles a interpellé sept personnes impliquées dans la création de compositions décoratives à base de billets de banque. Pour la Banque du Ghana, cette intervention n'est pas un fait divers isolé, mais une mesure nécessaire pour faire respecter la législation sur la monnaie. L'institution, qui avait déjà émis une mise en garde en juillet dernier, considère que le pliage, le collage et la manipulation des billets pour des besoins esthétiques constituent une dégradation volontaire de la monnaie, passible de poursuites judiciaires.

Impact économique sur le secteur de la décoration

Cette offensive policière a provoqué une onde de choc immédiate chez les commerçants et artisans. Pour de nombreux fleuristes et décorateurs, ces créations représentaient une part significative de leur activité, atteignant parfois 10 % de leur chiffre d'affaires. Face à l'incertitude juridique et au risque de sanctions, plusieurs enseignes ont d'ores et déjà annoncé l'arrêt total de la vente de ces bouquets, plongeant le secteur dans une phase de transition forcée.

Un débat entre souveraineté et liberté d'usage

La mesure divise l'opinion publique ghanéenne. Si certains experts financiers soutiennent la position de la Banque centrale, arguant que cette pratique impose des coûts de réimpression inutiles à l'État et favorise un étalage de richesse éphémère, d'autres voix s'élèvent pour réclamer plus de clarté. Des acteurs politiques et des professionnels contestent l'interprétation de la loi, affirmant que les techniques utilisées, comme l'usage de rubans adhésifs spécifiques, n'altèrent pas irréversiblement les billets. Au-delà du Ghana, cette problématique résonne dans plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Kenya et la Zambie, où les autorités monétaires multiplient également les alertes sur les risques liés à l'usage festif de la monnaie.

Une stratégie de dissuasion à long terme

L'objectif affiché par les autorités ghanéennes est clair : instaurer un effet de dissuasion durable. En assimilant le billet de banque à un symbole de souveraineté nationale, au même titre que le drapeau, les autorités cherchent à mettre fin à une tendance qu'elles jugent symptomatique d'une perte de repères. Si le sort judiciaire des sept femmes arrêtées reste à définir, l'institution monétaire confirme sa volonté de maintenir une ligne ferme pour préserver la valeur et l'état de circulation du cedi.

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