La Banque du Ghana (BoG) a dévoilé un projet de directive visant à imposer aux établissements bancaires un ratio de couverture des liquidités (LCR) strict. Cette mesure, soumise à consultation publique jusqu'au 30 novembre 2026, oblige les banques à détenir des actifs de haute qualité suffisants pour faire face à leurs sorties nettes de trésorerie sur une période de 30 jours en cas de crise financière.
Un rempart contre les chocs systémiques
L'objectif central de cette réforme est de garantir que les banques puissent honorer leurs engagements envers les déposants et les créanciers, même en période de fortes turbulences sur les marchés. En imposant un ratio de couverture d'au moins 100 %, la BoG cherche à limiter les risques de contagion : si une banque individuelle venait à subir une crise de liquidité, celle-ci ne doit pas se propager à l'ensemble du système financier national. Ce cadre réglementaire, prévu pour une entrée en vigueur au 1er septembre 2027, s'inscrit dans une volonté plus large de renforcer la gestion des risques au sein du secteur bancaire ghanéen.
Composition et gestion des actifs liquides
Pour satisfaire à ces nouvelles exigences, les banques devront constituer une réserve d'actifs facilement convertibles en espèces sans perte de valeur significative. La directive identifie explicitement les espèces, les soldes détenus auprès de la Banque centrale et certains titres d'État comme des actifs éligibles. Toutefois, la BoG impose des plafonds stricts sur la composition de ces réserves : les actifs de niveau 2 sont limités à 40 % du total, tandis que ceux de niveau 2B ne peuvent excéder 15 %. Les banques devront également intégrer dans leurs calculs des scénarios de stress incluant des retraits massifs de dépôts ou une réduction de l'accès aux financements de gros.
Un calendrier de mise en conformité progressif
Avant l'application définitive, la Banque du Ghana a prévu une phase de transition. Un projet pilote d'un an débutera après la publication du texte final, durant lequel les banques devront soumettre des rapports trimestriels pour tester leurs systèmes internes. À terme, le reporting deviendra mensuel. Cette période de consultation est cruciale pour les acteurs du secteur, invités à formuler des observations techniques. La BoG s'est engagée à répondre par écrit aux contributions reçues, soulignant que les ajustements finaux dépendront de cet échange avec les institutions financières, qui devront adapter leurs stratégies de trésorerie et d'allocation d'actifs d'ici août 2027.