La Banque centrale des Pays-Bas rapatrie une partie de ses réserves d'or face aux incertitudes géopolitiques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
La Banque centrale des Pays-Bas rapatrie une partie de ses réserves d'or face aux incertitudes géopolitiques

La Banque centrale des Pays-Bas (DNB) a procédé au transfert de près de 10 milliards de dollars de ses réserves d'or depuis les États-Unis et le Canada vers le Royaume-Uni. Cette opération stratégique vise à accroître la liquidité et la sécurité des actifs nationaux dans un contexte de tensions internationales accrues.

Une stratégie de diversification face aux risques systémiques

La DNB justifie ce mouvement par la nécessité d'être « mieux préparée à des crises sévères ». En déplaçant une partie importante de ses stocks vers Londres, l'institution cherche à améliorer la tradabilité de ses réserves. Si la banque n'a pas explicitement nommé les menaces, elle souligne que l'or demeure l'actif de réserve ultime pour se prémunir contre des risques systémiques extrêmes, là où les systèmes financiers classiques pourraient faillir.

Une logistique hybride pour sécuriser les actifs

Le transfert, évalué à environ 10,11 milliards d'euros fin 2025, a été réalisé par une combinaison de ventes sur les places nord-américaines suivies d'achats à Londres, et par le transport physique de lingots. Cette approche mixte permet de répartir les risques opérationnels liés au déplacement de métaux précieux. Désormais, la répartition géographique des 612,4 tonnes d'or néerlandais est plus équilibrée : les parts détenues à New York et Ottawa ont été réduites à 18,5 % chacune, tandis que Londres en concentre désormais 32,1 %.

Le poids des tensions diplomatiques et économiques

Plusieurs analystes estiment que ce mouvement reflète une méfiance croissante envers la stabilité des relations transatlantiques. Les tensions commerciales entre Washington et Ottawa, couplées aux divergences diplomatiques marquées entre l'administration Trump et les alliés européens — notamment sur la gestion du conflit en Iran — ont fragilisé la confiance. De plus, le précédent créé par le gel des avoirs souverains russes par les pays du G7 a conduit de nombreuses banques centrales à réévaluer le risque de conserver leurs réserves chez des partenaires dont la politique étrangère est jugée imprévisible.

Une tendance au rapatriement parmi les banques centrales

Les Pays-Bas ne sont pas isolés dans cette démarche de sécurisation. La Banque de France a également rapatrié 129 tonnes d'or depuis New York en janvier dernier, officiellement pour des raisons techniques et de rendement. L'Allemagne avait ouvert la voie entre 2013 et 2017 en transférant plus de 600 tonnes de métaux précieux vers Francfort. Ces mouvements successifs illustrent une volonté des États européens de reprendre le contrôle direct sur leurs actifs stratégiques dans un monde où les normes financières internationales sont de plus en plus instrumentalisées à des fins politiques.

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