La Banque centrale de Gambie a ordonné aux institutions financières opérant sur son territoire de mettre fin aux contrats de leurs employés non-nationaux ne bénéficiant pas de quotas d'expatriés approuvés. Cette directive, qui doit être effective d'ici la fin de l'année, vise à favoriser l'emploi local et à assurer une mise en conformité stricte avec la législation nationale du travail.
Une mise en conformité avec le droit du travail
La décision, formalisée dans une lettre datée du 19 septembre et signée par le deuxième vice-gouverneur Ousman Mendy, fait suite à une étude sectorielle menée par l'autorité monétaire. Cette enquête a révélé une présence importante de ressortissants étrangers au sein des effectifs bancaires, dépassant les cadres autorisés. Selon le régulateur, cette situation contrevient aux dispositions de la Loi sur le travail de 2023 ainsi qu'à la « Directive 9 » relative au personnel expatrié, qui encadrent strictement les conditions de recrutement des non-nationaux.
Transition vers une main-d'œuvre locale
L'injonction de la Banque centrale ne se limite pas à une réduction des effectifs étrangers ; elle impose aux banques commerciales, incluant les filiales de groupes nigérians tels que Access Bank, First Bank ou Guaranty Trust Bank, de remplacer ces profils par des citoyens gambiens qualifiés. Pour accompagner ce changement, les établissements ont reçu l'ordre de mettre en place des plans de succession rigoureux et de garantir le transfert de compétences nécessaire au maintien de la continuité opérationnelle.
Un dialogue sectoriel sous tension
Cette mesure radicale découle d'échanges tenus en août dernier entre la direction de la Banque centrale et les dirigeants des banques commerciales. Face aux préoccupations soulevées concernant la prédominance de travailleurs étrangers, le régulateur a choisi d'imposer une application stricte des textes en vigueur. Les banques sont désormais sous surveillance pour assurer le respect de ces nouvelles directives, avec pour objectif affiché de renforcer l'ancrage local du secteur financier gambien tout en garantissant la stabilité des services bancaires durant la période de transition.