Le secteur rizicole indien fait face à un recul historique de sa production, estimé à 10 millions de tonnes pour la campagne en cours. Cette baisse, la plus marquée depuis 2009, est directement imputable à un déficit pluviométrique sévère qui fragilise les rendements dans les régions clés du pays.
Un déficit hydrique impactant les rendements
Depuis le début de la mousson le 1er juin, l'Inde enregistre des précipitations inférieures de 15 % à la normale. Dans certains États rizicoles majeurs, ce déficit atteint des niveaux critiques de 42 %. Cette sécheresse prolongée, survenue durant la phase cruciale de maturation des cultures, devrait entraîner une chute de 6,5 % de la production nationale par rapport au record de 154 millions de tonnes atteint l'an dernier. Les experts du secteur soulignent que cette situation rappelle les difficultés rencontrées lors de la campagne 2009/2010, également marquée par des conditions climatiques extrêmes.
Tensions sur les prix à l'exportation
En tant que premier exportateur mondial, l'Inde influence directement les cours internationaux. L'anticipation de cette baisse de récolte a déjà provoqué une hausse des prix locaux et propulsé les tarifs à l'exportation à leur plus haut niveau depuis plus d'un an. Cette tendance inflationniste s'inscrit dans un contexte mondial déjà tendu, où d'autres pays producteurs majeurs comme la Thaïlande et le Vietnam voient également leurs prix augmenter.
La stratégie des stocks publics
Malgré cette conjoncture défavorable, le gouvernement indien dispose d'une marge de manœuvre grâce à ses réserves stratégiques. Au 1er septembre, les stocks publics de riz atteignaient 59,6 millions de tonnes, un volume record qui dépasse largement l'objectif de 10,3 millions de tonnes fixé par les autorités pour le mois d'octobre. Cette réserve massive devrait permettre au pays de maintenir ses exportations à des niveaux élevés, offrant une forme de stabilité relative au marché mondial malgré la contraction de la production annuelle.