L’avocat ghanéen Martin Kpebu a exprimé des réserves quant aux chances de succès d’un éventuel appel de Bernard Antwi-Boasiako, surnommé Wontumi, après sa condamnation à 20 ans de prison pour des activités liées à l’exploitation minière illégale.
Intervenant lors d’une émission radiophonique le 20 juillet, Kpebu a indiqué qu’à l’issue de son analyse du dossier, il n’avait pas identifié de fondements juridiques suffisamment solides pour justifier une révision de la décision rendue par la Haute Cour. Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de lutte contre les pratiques minières illégales, un phénomène répandu dans plusieurs régions du Ghana, où les autorités tentent de réguler un secteur souvent associé à des dégradations environnementales et à des conflits sociaux.
Wontumi, figure politique influente du Nouveau Parti patriotique (NPP) et président régional de la région Ashanti, a vu sa condamnation confirmée par la justice. Son équipe juridique a annoncé son intention de faire appel, tandis que le NPP a dénoncé une décision qu’il qualifie de « parodie de justice », estimant que l’accusation n’a pas démontré sa culpabilité au-delà de tout doute raisonnable.
Kpebu, qui a précédemment été impliqué dans des démarches visant à faire examiner des allégations contre Wontumi, a souligné que son évaluation personnelle du dossier ne lui permettait pas d’envisager une issue favorable à un appel. Il a précisé qu’il n’aurait pas accepté de défendre Wontumi, en raison de son engagement antérieur dans une pétition déposée en 2022 contre ce dernier, toujours en suspens selon ses déclarations.
Selon lui, cette pétition, déposée sous l’administration du président Akufo-Addo, n’a pas reçu l’attention nécessaire en raison de l’influence politique de Wontumi. Il a évoqué des obstacles administratifs et une possible réticence des autorités à traiter le dossier de manière impartiale, en raison de son poids politique au sein du NPP.
Kpebu a également rappelé que les avocats défendent souvent des positions différentes selon les clients, mais a insisté sur le fait que, dans ce cas précis, les éléments du dossier ne lui semblaient pas permettre une contestation crédible de la condamnation. Son analyse repose sur une lecture des preuves et des procédures judiciaires, sans pour autant remettre en cause le principe du droit à un procès équitable.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les exigences de la justice et les dynamiques politiques au Ghana, où les personnalités influentes sont parfois perçues comme bénéficiant d’une protection particulière. Elle soulève également des questions sur l’efficacité des mécanismes de contrôle des activités minières illégales, un enjeu majeur pour les autorités ghanéennes dans un contexte de pression internationale pour la préservation des ressources naturelles.