Kofi Bentil plaide pour le renforcement des institutions civiles plutôt que pour l'intervention militaire

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Kofi Bentil plaide pour le renforcement des institutions civiles plutôt que pour l'intervention militaire

Face aux appels croissants en faveur d'une implication accrue des forces armées dans la gestion de l'ordre public en Afrique, Kofi Bentil, vice-président d'IMANI Africa, appelle à une approche radicalement différente. Lors de la Students and Young Professionals African Liberty Academy (SYPALA) 2026, il a soutenu que la stabilité et la discipline sociale reposent exclusivement sur la solidité des institutions civiles et le respect strict de l'État de droit.

L'illusion de l'ordre par la force

Kofi Bentil conteste l'idée, parfois relayée par des responsables militaires, selon laquelle l'armée serait l'outil approprié pour corriger les incivilités quotidiennes, telles que les infractions routières ou le désordre urbain. Pour l'expert, la présence de militaires dans les rues ne saurait se substituer à une police civile efficace. Il souligne que les nations les plus développées, citant notamment la Norvège, la Suisse ou les États-Unis, ont bâti leur prospérité sur un principe clair : le maintien des forces armées dans leurs casernes, laissant aux institutions civiles le soin de réguler la société.

La primauté de l'application constante de la loi

Le cœur de la démonstration de M. Bentil réside dans la prévisibilité des conséquences juridiques. Une société disciplinée n'est pas celle qui est sous surveillance militaire, mais celle où chaque citoyen sait qu'une infraction entraînera systématiquement une sanction, sans exception. L'efficacité de l'État de droit repose sur cette constance : le respect de la loi est garanti par des mécanismes administratifs et judiciaires qui fonctionnent indépendamment du statut social des contrevenants.

La remise en question de la légitimité militaire

L'argumentaire de Kofi Bentil prend une tournure critique lorsqu'il interroge la crédibilité même de l'institution militaire en tant que garante de la discipline. Il rappelle que, dans plusieurs contextes africains, les forces armées ont elles-mêmes été les auteurs de ruptures constitutionnelles et d'abus de pouvoir. Selon lui, confier la régulation de la vie civile à une institution qui a parfois bafoué l'ordre constitutionnel est une contradiction fondamentale.

Limiter le pouvoir pour protéger les libertés

Au-delà de la question de l'ordre public, cette réflexion s'inscrit dans un débat plus large sur la nature du gouvernement. M. Bentil insiste sur le fait que les pouvoirs publics, mandatés par les citoyens, doivent impérativement opérer dans des limites strictement définies. Lorsque ces limites sont franchies, le risque d'oppression devient réel. Pour l'expert, l'enjeu pour le continent n'est donc pas d'imposer une discipline par la force, mais de bâtir des structures étatiques capables d'exercer leurs prérogatives dans un cadre constitutionnel rigoureux et transparent.

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