Kofi Bentil, vice-président du think tank IMANI Africa, a publiquement mis en cause la Commission des minéraux du Ghana pour sa gestion des droits d'exploitation minière. Il accuse l'organisme de régulation de fragiliser les entreprises locales par des révocations de licences jugées arbitraires, appelant le gouvernement à garantir le respect strict de la législation en vigueur pour préserver l'intérêt national.
Des litiges sur les droits d'exploitation
Au cœur de la controverse figure le cas de Northern Ashanti Mines Limited, dont les locaux de Konongo ont été saisis par la Commission. L'entreprise conteste formellement les motifs invoqués, notamment une dette de 8,3 millions de dollars, et affirme n'avoir reçu aucun préavis de manquement statutaire avant la révocation de ses titres miniers. La société soutient avoir investi près de 200 millions de dollars dans le développement du site depuis 2019, une somme colossale qui souligne, selon M. Bentil, la nécessité d'une approche réglementaire stable et prévisible.
Le respect de la loi et des procédures
Kofi Bentil rappelle que la loi sur les mines et les minéraux de 2006 (Act 703) impose des délais stricts, incluant des périodes de remédiation, avant toute décision de révocation. Il s'interroge sur la conformité des actions de la Commission avec ces dispositions légales. L'expert pointe également des incohérences administratives, citant des cas où les instructions présidentielles concernant des litiges miniers, comme celui d'Adamus Resources, auraient été contredites par des courriers ministériels ultérieurs, soulevant des questions sur la gouvernance du secteur.
Risques pour la confiance des investisseurs
Au-delà des cas individuels, M. Bentil alerte sur les conséquences systémiques de ces pratiques. Pour lui, la multiplication des saisies et des interventions musclées — évoquant notamment un incident mortel sur le site de Narawa Mines — envoie un signal négatif aux investisseurs étrangers et locaux. Alors que le Ghana cherche à promouvoir l'indigénisation de son industrie minière, ces tensions juridiques et opérationnelles pourraient, selon lui, décourager les capitaux nécessaires au développement à long terme du secteur, tout en contredisant les objectifs de souveraineté économique affichés par le pays.