Kofi Asare, directeur exécutif d’Africa Education Watch, a appelé à un projet pilote du mandarin dans un nombre limité d’écoles publiques ghanéennes avant d’envisager une extension à l’échelle nationale. Son propos, relayé sur Joy FM le 16 septembre, vise à mesurer l’efficacité du chinois dans le système d’enseignement de base et à garantir que toute décision d’expansion repose sur des résultats probants.
Appel de Kofi Asare à un projet pilote dans les écoles publiques
Lors de l’émission Newsnight, Asare a souligné que le pilote doit être le premier pas d’une démarche fondée sur des données concrètes. « Nous devons le tester, puis laisser les résultats déterminer s’il faut le généraliser ou non », a‑t‑il déclaré, rappelant que l’objectif n’est pas d’imposer une langue, mais d’évaluer son utilité pédagogique et son adéquation aux besoins du pays.
Un socle déjà existant : plus de 15 000 Ghanéens formés au mandarin
Le directeur a rappelé que le mandarin n’est pas une nouveauté au Ghana. Depuis une décennie, le Confucius Institute, implanté à l’Université du Ghana et à l’Université de Cape Coast, a formé plus de 15 000 étudiants à la langue chinoise. Cette expérience universitaire constitue un terrain d’essai qui pourrait être transposé, avec les ajustements nécessaires, aux écoles primaires et secondaires publiques.
Le pilote comme levier contre les inégalités d’accès aux langues étrangères
Selon Asare, l’introduction du chinois dans le secteur public permettrait de réduire les disparités entre les établissements privés, où les langues « compétitives » sont déjà proposées, et les écoles publiques, souvent limitées à un panel plus restreint de matières. Un accès élargi au mandarin offrirait aux familles aux revenus modestes la possibilité de préparer leurs enfants à des opportunités économiques liées à la montée en puissance de la Chine en Afrique.
Le débat politique autour de l’introduction du chinois et de l’arabe
Les propos d’Asare interviennent dans un contexte de controverse : le ministre de l’Éducation a évoqué une politique d’introduction du mandarin et de l’arabe dans les écoles, tandis que le gouvernement affirme ne pas avoir encore officialisé de tel programme. Les parties prenantes – syndicats d’enseignants, parents et organisations de la société civile – restent divisées sur la pertinence, l’étendue et les modalités de mise en œuvre. Le projet pilote proposé par Africa Education Watch pourrait ainsi servir de référence neutre pour trancher le débat.